mercredi, juin 17

Et puis après...

C'est une période étrange, le temps coule entre mes doigts.. dans mes écrits que je recopie je n'en suis même pas à Istanbul, ou à peine y suis-je...

Reste a vous raconter tous les camions indomptables que j'ai enjambés, seule, en Turquie, en auto-stop. Le camping au Cappadoce. La grotte où je suis allée renaître. La bouffe à Antalya. Le camping pres de Mugla, les étoiles filantes et la brousse de joncs coupants, la ballade sur un camion plein de roseaux, a 2m du sol... Les businessmen nous apportant des fraises a 9h le matin..

L'energie sexuelle et la frustration. L'amitié. Le singe avec ses immenses rastas et son espèce d'amour étrange. L'essai, essai d'être avec quelqu'un malgré mon partenaire fuyard. La cigarette, l'alcool, la violence.. et le désir d'être aimée. La confusion, l'abandon, le rejet. Les 2300 km entre Istanbul et Berlin. Le beach camp. L'intimité. L'appartement à Berlin. La conférence de Vienne, les succès, les hommes, CouchSurfing, les conflits, l'auto-stop en Autriche, mon chapeau, les femmes, les hamburgers, l'Allemagne et puis ... stop.

Tout s'arrête.

Le temps d'écrire.. je dois le trouver... et le temps de rendre plus facile les dons sur mon site web.. et de rédiger ce satané livre. De vivre. CouchSurfing est très présent, plus que jamais.. et c'est l'été le temps file et ... stop.


J'ai vu des yeux que j'aime dans la nuit.

Ils m'ont parlé d'étoiles filantes.


mercredi, juin 10

22 mars – Mise à jour – Calins – Trucs

Qu'as-tu en tête dernièrement? Je sais, j'en suis certaine, nous avons été plus près l'un de l'autre que jamais puisque tu étais à Ankara et je suis toujours à Istanbul. Je croyais que tu étais sur le point de traverser la frontière, pourquoi as-tu as fait tout ce chemin vers l'ouest?

Je suis épeurante, je suppose. Tu n'est pas la première personne à t'enfuir, tu sais, je ne suis pas vraiment surprise de cette situation. C'est un peu... répétitif. Je suppose que c'est dans ma nature. C'est parce que je rêve tout haut, si fort, parce que j'y vais et je le fais et je donne tout.

Break through the undertow, your hands I can't seem to find,
pollution burns my tongue, cough words I can't speak so I
stop my struggling, then I float to the surface,
fill my lungs with air, then let it out”

- Give it all – Rise Against

Je me prépare pour mon jour symbolique (le 4 avril est la date que j'ai choisie) où je me raserai la tête. J'ai écrit sur mon blog à propos du symbolisme des cheveux et le chemin spirituel que que j'entreprends, et ça m'a certainement aidé à clarifier mon esprit et me sentir plus résolue que jamais. Tu vois, ce n'est pas si important, mais je le rends important parce que j'en aime le symbolisme.

Je me suis promise de prendre les choses avec plus d'humour dans le présent et le futur. Tu vois! Une exemple illustrant les difficultés que me causent des inaptitudes linguistiques. Sur mon blog, j'ai écrit « Faire l'humour plus souvent` », où humour se substitue pour « amour » dans « Faire l'amour plus souvent ». De devoir expliquer cette blague la ruine. Une opportunité de te faire sourire qui est perdue!

Enfin. Je me suis marrée en repensant à nos emails, notre solitude de voyageurs et notre façon de pousser et tirer dans toutes les directions, ces emails qui se ressemblent tous. Les miens sont toujours « Je ressens je ressens ceci, cela et je souhaiterais ceci et bla bla bla et j'ai peur de t'influencer alors je ne sais pas comment terminer ce mail... », les tiens sont toujours « non, non, non, je m'en vais très très loin parce que ceci ne peut pas se produire mais je commence à croire que peut-être que j'ai besoin de quelque chose que tu peux m'apporter alors prends soin de toi. »

Eh. On est mignons non?

Istambul c'est bien, mais je ne peux pas respirer à cause de la fumée de cigarette. Et puis, je ne sais honnêtement pas où aller. Je n'ai jamais rêvé à cet endroit, je n'ai même jamais rêvé d'être une voyageuse, étant jeune. Je ne crois pas avoir jamais pensé à comment ce serait, ce pourrait être. Je ne peux être surprise ou déçue.

Si je dois choisir un endroit duquel j'aie rêvé, alors la Thaïlande, le Laos, la Mongolie me viennent à l'esprit. Ou encore le Nunavut, les grandes steppes plates, les highlands, le foin, la toundra.... 3 mois, 6 mois, ou au moins un bon cheval et une yourte. Je rêve d'une yourte où d'une maison de terre, je rêve de bâtiments qui me donne envie de vivre à un endroit et sentir la terre, la battement de cette terre bien vivante. Bon, je deviens un peu poète... :)

Je m'exprime également avec des chansons, plus que tu ne le crois, mais encore ce sont des chansons en français que j'aimerais te citer, et dans ma culture si québécoise je comparerais l'amour avec ma contrée, la peau avec un drapeau et les femmes seraient des rivières et je te citerais ce film qui dit « Mon pays c'est toi ». Je suis sûre de te faire peur, mon pauvre petit anglophone. Pour nous, c'est une sorte de voeu, un compliment, fier et reconnaissant. L'homme sur le point d'être pendu par le gouvernement du Roi dit à la personne qu'il aime: ton coeur est l'endroit où je me repose. Ce n'est pas effrayant... Nous parlons certainement un langage culturel très différent, toi et moi, ne l'oublions pas.


Je ne veux pas cesser d'avoir ces conversations avec toi. Même si très souvent j'aimerais botter ton petit cul, même si je sais que tes emails seront conflictuels, même si je sais que tu ne feras pas un homme de toi et approfondir ta relation avec moi ou n'importe quelle autre relation que tu commences sur la route. Enfin, je t'appelle « bâtard » et « trouduc » derrière ton dos... Cela ne m'a sûrement pas aidé à maintenir ma seconde résolution du nouvel an!

J'ai fait une erreur dernièrement. J'ai arrêté de t'écrire exactement mon sentiment, j'ai mis un filtre sur mes doigts tenant de contrôler la descente. Essayant peut-être de te faire moins peur. En ce moment, je me sens blessée par CouchSurfing et comment les choses fonctionnent. Je me suis fait traiter comme une merde, et ça a ramené en moi des émotions pures, j'ai même pleuré! Je n'avais pas pleuré pendant ces derniers mois.. ni vécu de crises d'angoisse.. Mais j'ai alors pleuré pour un moment et j'ai pensé à combien j'étais submergée de ces émotions, et je me suis sentie mieux, plus humaine. Je lisais « Norwegian Wood », un livre qu'une copine a mis dans mon sac à dos à Cologne. Ulf m'a forcé à prendre avec mon un lecteur mp3 plein de chansons incluant un CD nommé « Norwegian Wood » avec des versions orchestrales de plusieurs chansons mentionnées dans le livre. « Une coïncidence », m'a-t-il dit. Ah. Coïncidence.

Eh bien, coïncidence ou pas, ça m'a fait repenser au fait que je peux tout te dire. Comme que je suis à peut près certaine de t'aimer, et que j'ai la quasi-certitude que l'écrire fera disparaître ce sentiment. Je ne peux pas imaginer laisser entrer quelqu'un d'autre dans mon coeur . Mon chemin se dessine toujours plus vers la solitude. Je me sens vieille. Ces deux derniers mois ont été difficile. J'ai besoin d'un câlin, mais je ne peux en avoir un, ici.

(Bon, je viens de me faire interrompre par la vie qui me rappelle de prendre les choses moins au sérieux. La coloc de mon hôtesse est entrée dans la chambre pour m'apprendre le vocabulaire turc désignant les fesses, la chatte et les seins, me montrant par le fait même son kuku nouvellement épilé. Putain.. parlez-moi d'un drôle de pays!

Bon, je disais, oui, mon coeur oscille entre toi et le reste du monde. Toi, mon amour individuel, le reste du monde, mon amour sacré. Toi, mon ami sur le sentier, et le reste du monde pour lequel je peux être une meilleure personne.

Et puis après toi, pourquoi suis-je ainsi en train de craquer pour toi? Peut-être comme le dit Joe dans Eternal Sunshine of the Spotless Mind: « because you showed be the least bit
of attention ». Peut-être car tu as percolé dans mon univers de tellement de façons différentes, depuis déjà un bon moment. J'admire ton esprit libre, je redoute ta fuite. Je sais que tu me dis des choses et que tu penses le contraire. Je sais que tu es un idéaliste, je sais que tu prends les choses beaucoup trop au sérieux. Je sais que tu donnes beaucoup, je sais que tu est réel. Un amas de confusion bien réel avec des os et de la chair bien réels, du sang et des cellules et des valeurs et des espoirs. Je suis même venue à croire que tu es plutôt mignon... Je ne m'étais jamais demandé si je te trouvais beau.

Je sais aussi que tu peux courir beaucoup plus vite que moi. J'ai une capacité cardio-respiratoire médiocre, je l'ai toujours eue. À chaque fois que j'essaie de courir un peu plus à tes côtés, tes grandes jambes me relèguent à courir derrière toi et ma gorge me brûle, j'étouffe.

« Breathe, the air we give, the life we live, our pulses racing distances, so wet my tongue, break into song, through seas of competition »

Je me souviens que tu as écrit un jour que c'est injuste parce que je traverse l'Europe et tu devrais me rencontrer à mi-chemin. Tu sais quoi? Tu as parfaitement raison. Je suis maintenant à distance d'auto-stop, non? Bon. C'est bon. Je te taquine (tu appelles ça « pousser », essayant peut-être de me convaincre que j'ai tort...) mais je suis simplement paumée et perplexe. Je me sens comme si j'avais seulement besoin de pleurer à tes côtés, et je ne pourrais pas élaborer de stratégies pour te pousser à venir me rejoindre. Comment le ferais-je? Je n'y crois plus, de toute façon. Ou si peu. Lâcher prise n'est pas simple.

Oh, et pour finir cet email sur une note plus joyeuse:

Depuis que j'ai commencé à discuter avec la maison d'édition, j'ai aussi commencé à rêver à la co-écriture d'un livre sur l'auto-stop avec une copine à moi. Ça cadrerait dans leur collection. Je leur en ai glissé un mot; cette fille vivant à Amsterdam, une âme réellement nomade que j'admire tellement, une artiste qui pourrait illustrer le livre... et ils m'ont demandé de lui faire la proposition. Après le dîner à Paris, ils m'ont dit que je pourrais écrire ce livre.

Je lui ai demandé il y a quelques jours si ça lui plairait, et elle croit que c'est une bonne idée. Elle déménage à Istanbul bientôt! J'ai quelques semaines pour bosser sur le livre sur la Turquie le plus possible, puis un ami à moi viendra de Berlin pour se balader avec moi en Turquie... puis.. la vie n'est-elle pas fantastique?

*te tapotant l'épaule droite de ma main gauche*

à bientôt

Prends soin de toi, mais pas trop

Je t'aime, mais bien sûr que je t'aime

Anick-Marie


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Oh et n'ose même pas...

C'est encore moi.

Putain d'amis qui me disent de cliquer sur envoyé » avant de me relire. Je m'ennuie de ma coloc qui me disait toujours combien j'étais tarée avant de les envoyer...

N'ose même pas me renvoyer un email dans 10 minutes avec le même putain de « je m'enfuis, désolé, mais peut-être que tu es ce dont j'ai besoin ». Change la formule.

Pourquoi n'irais tu pas prendre le thé avant de me réécrire?

Tu pourrais même me poster une lettre...

samedi, juin 6

20 février

Emmerdeur, tu es un emmerdeur!


Je ne pouvais te répondre plus tôt, et je ne peux toujours pas te répondre. Je planifie tout, et ça pervertit le contenu. Ce que j'aime de mes messages t'étant destinés est qu'ils sont toujours écrit librements, sans être planifiés. C'est quelque chose que je veux garder à jamais: c'est moi, éparse, divaguante, triste, hyperactive ou coquine, c'est ce que je suis en ce moment, et c'est juste parfait, enfin, j'aime le croire et ça me suffit...

Enfin, je te réponds tout de même - j'ai mes paradoxes, moi aussi. Il y a trop de choses que je souhaiterais partager avec toi en ce moment. Ne te soucie pas de me répondre, attends d'être en Israël, tout sera plus clair alors. Même lire tout ceci te prendra du temps!

Dans un mois exactement je serai en Turquie. Ça m'excite! Mais j'ai tant à faire, et je perds ma concentration. Tout d'abord, une nouvelle fabuleuse: j'ai été contactée par une petite maison d'édition française qui vient de publier un livre intitulé "Voyager presque gratuit", et près d'un chapitre est dérivé de notre entrevue. Puis, j'ai mentionné mon passage à Paris, mon déménagement à Istanbul... et soudainement il a eu une idée: me faire travailler sur un livre sur la Turquie qui doit être réédité! [...]

En résumé, j'ai à présent une forte motivation à apprendre un peu le turc, demeurer en Turquie suffisamement longtemps pour y réaliser un projet. J'aime tellement réaliser des projets. [...]

Bon, je me demande à présent ce qui c'est passé il y a 10 jours exactement. J'ai eu une aventure d'un soir de merde, j'ai souhaité un changement radical dans ma vie et ne pensais pas du tout à toi. Exactmenet, je ne pensais à aucun des hommes qui sont dans ma vie, mais plutôt à un homme au hasard, rencontré au nouvel an, me disant que je pourrais bien le convaincre de m'épouser et que je pourrais ainsi demeurer indéfiniment au Royaume-Uni. Mais je devrais ainsi arrêter mon tour du monde, laisser tomber le visa Australien puisque, comme tu le sais, on ne peut l'obtenir si l'on est marié. Et.. me rendre en Inde et puis.. le Népal, l'Asie du Sud-Est continentale, et l'Australie. Ça a toujours été mon plan... J'ai des témoins! Mais dernièrement, j'étais terrifiée, sans le sou, et je manquais de patience avec les visas, les assurances, et toute cette merde! C'est là où ton inspiration m'a touchée, l'inspiration d'un partenaire voyageur.

Enfin... pour revenir sur le sujet, du es apparu en ligne, un peu comme une coïcidence atroce, l'une que personne n'espèrerait.

Et alors toi? Je ne suis jamais tombée amoureuse de toi... Si tu pouvais être dans ma situation, tu verrais qu'un homme est apparu dans ma vie très soudainement après avoir fait quelques pirouettes, et sa présence m'a envahi ce jour-là. Je pouvais l'entendre malgré les milliers de kilomètre nous séparant. C'était très inconfortable, mais seuelement parce que je me sentais désolée, désolée pour le timing. Je ne pensais pas à toi... j'étais si confortablement accrochée à quelqu'un de l'autre côté du globe, sachant que ça ne menait à rien, comme je le dis si bien: "le copain idéal, celui qui n'est jamais là". Et puis tu as fait quelques pirouettes, a pensé à moi, ou plutôt à une version idéalisée de moi et je me suis sentie envahie, ridicule, précieuse, et tant d'autres émotions tout à la fois, et hors d'équilibre.... Or de ma zone de confort... ce qui est quelque chose que j'apprécie, puisque ça m'apprend tant de choses!

Les trois jours suivants, j'ai pensé à toi, beaucoup, pour des raisons très simples: tout d'abord, je passe des journées entières à préparer des échantillons de pommes de terre dans un laboratoire de bactériologie, 200 pommes de terre par échantillon, 6 échantillons par jour, prendre un échantillon de tissu vasculaire, couper la pomme de terre en deux au deux-tiers. Tâche répétitive. Aujourd'hui, j'ai fait 1800 pommes de terre, mais j'ai gardé la pardé la tâche "coupe" poue demain. J'ai beaucoup trop de temps pour penser... Alors je pensais à toi. Et puis, je savais que tu pensais également à moi, alors c'était ce sentiment si doux de savoir que quelqu'un se conforte de notre existence, même s'il nous place sur un piédestal!

(Par ailleur, j'ai également un fan club basé au Yorkshire, un chanteur de folk de 50-quelques années qui m'a surprise complètement saoule dans mon pub favori à Édimbourg - je me saoule deux fois l'an... - et comme il a perdu son pari (je ne suis malhereusement pas écossaise), il a subtilement fait son chemin jusqu'à obtenir mon addresse email et mon addresse postale auxquelles il a fait parvenir des timbres poste (quoi, je lui ai dit que je collectionne les timbres?), cartes postales et, plus récemment, des photos de sa bibliothèque personnelle. Comment un homme peut-il être si parfait, et malgré tout 30 ans trop vieux?!

Alors voilà. Une autre raison pour laquelle j'ai tant pensé à toi est que je savais que tue en valait plus la peine que celui auquel j'accordais mon attention. Je suppose que l'on pourra en débattre, mais ma thérapeute (Judy - ma colocataire) a resumé le tout en disant simplement: Je vote pour Taylor. Me sentant coupable, j'ai alors décrétés que te choisir serait l'option facile, et ai noblement pris l'option difficile. Peu importe. Quelle différence cela fait-il de toute manière ? Vous êtes tous deux loin de moi, je suis loin de vous deux et il n'y a rien de réel, rien qui ne soit pas seulement en mon esprit.


Mais revenons maintenant à ce week-end : ReToX s'est fiancé sur le canapé avec une femme qu'il a rencontrée en faisant des greetings sur Couchsyrfing, l'hôte de la fête était dégoûté par mes pâtes au chocolat avec crème anglaise, et j'ai vécu une histoire d'un soir qui a mal tourné, qui me fit sentir vide, pleurante, prête pour un grand changement.

Et puis tu m'as écrit, et puis je t'ai répondu, et c'est vrai, je me suis demandé ce que ce serait de faire l'amour avec toi, si tu prendrais soin de moi... Juste d'y repenser me fait sentir triste à nouveau... Et puis tu étais sur Facebook et tu as rêvé avec moi. Ce n'était pas la première fois que je t'invitais (je l'ai fait pour la première fois en août...), mais je n'avais jamais offert de payer. Attaque facile, puisque je te plais, « Taylor, l'option facile ». Je ressentais le chaos à l'intérieur... Et l'étrangeté dans toutes les cellules. Et puis, tu as dit quelque chose comme « pourquoi n'es-tu pas à distance auto-stop » et... Tout a commencé.

Maintenant que ce voeu t'es accordé, je serai à distance auto-stop dans un mois exactement. Est-ce que cela veut dire quoi que ce soit autre? Non. Merci de m'avoir donné l'étincelle l'impulsion qui m'a permis de changer ma situation et de passer à l'étape suivante. C'est tout.

Il est maintenant temps pour toi de t'enfuir. Si tu le veux réellement, je ne vais pas te poursuivre. Je fais confiance à ton intelligence, je t'en prie, fais ce qui est le mieux pour toi. Tu veux t'enfuir ? Vas-y. Je t'en prie, n'attend pas que l'on se rencontre, cela ne fera qu'empirer les choses. Il semble que tu ne puisses me voir comme une amie. Je crois même que l'on ne s'est jamais rendus à cette étape. Pourquoi ? Je ne sais pas. J'aimerais que tu arrêtes de penser que je suis « cette fille dont tu ne peut t'enfuir » et « cette fille qui existe et que tu veux vraiment rencontrer ». C'est flatteur, c'est fatigant... C'est... Injuste, cela crée tellement d'attente, ça me met tellement de pression.

Et puis, ta vision des relations, ou plutôt une relation avec "cette fille", la fille que tu ne nommes jamais comme étant moi, premier prix de l'euphémisme... C'est très énervant. Dis-moi Taylor, pourquoi deux nomades s'aimant eux-mêmes et mutuellement se sédentariseraint-ils et seraient-il malheureux ensemble ? Pourquoi devrais-tu arrêter de voyager pour voir si cette fille est là ?

"Si on a un désir très très fort, tout l'Univers conspire pour nous le réaliser"
"Tu dois comprendre que l'amour n'empêche jamais un homme de poursuivre son destin."
- L'Alchimiste

Je suppose que j'ai maintenant mentionné tout ce qui me rend confuse ou me dérange : comment tu me places sur un piédestal que je ne mérite pas (je redoute ta déception future), comment tu écris que je te poursuis, toi qui as fait des pirouettes bien avant moi, comment tu peux croire que cette fille te sédentariserait (malheureux ensemble), oui je crois que j'ai tout écrit. Ah non ! J'ai oublié notre différence d'âge. Tu ne l'as jamais mentionné, mais je l'ai senti. Whaddaheck? Je n'y ai jamais même pensé. Ou penser à ton ami nouvellement père... Je ne veux pas devenir enceinte maintenant, et je te jure que quand j'aurai des bébés, jamais je n'utiliserai de landau ! Ce sujet m'énerve encore plus!

Je suis très fatiguée à présent, je ne sais pas pourquoi j'ai tant besoin de dormir, mais je veux toujours me rendre jusqu'à la fin de ce e-mail. C'est un peu comme si tu pouvais être dans mon cerveau, mon coeur et tout cela pour un court moment, et je sais que cela te tient à coeur

Taylor, mon souhait, que tu peux décider d'accorder ou non, et c'est ok, mon souhait est et a toujours été celui-ci:

Puisque je serai à distance d'auto-stop, me rejoindrais-tu ?
passer quelque temps avec moi
pas quelques jours
certainement pas quelques mois
mais quelques semaines afin que nous puissions... Nous connaître...
... Sentir que tout cela est vrai, ou alors dans nos têtes.
Et nous pourrions être sur la route ensemble un peu, en Turquie ou en Grèce, afin que je puisse me remettre au voyage
en m'adaptant à la culture
et peut-être camper ensemble
peut-être partager
de l'intimité
mais...
... Je ne peux imaginer cette partie parce que j'ai trop peur de te faire fuir
... Parce que tu es si important pour moi en ce moment.
Et puis se séparer fièrement... Moi et restant un peu plus longtemps, toi te dirigeant à l'est
et puis j'irai aussi à l'est parce que
j'ai un rancart en Inde, ce mec, tu sais, ce drôle de mec barbu...
Et je dois aussi visiter Shai, et Monolita...
Et puis je serai seule ou non, en Asie du Sud-Est, puisque mon rythme de voyage m'importe peu... Changeant mes rêves, tant que je vis avec eux... Et puis je me rendrai en Australie, et travaillerai et là-bas. Je suis sûr que tu connais déjà ces plans, même si ça sonne trop comme un plan. C'est une possibilité sur une liste infinie de possibilités.

Maintenant j'ai une dernière chose à te dire avant que mes yeux ne se ferment: tu me tiens également à coeur.... Et je pense de toi/notre relation/moi comme d'une citation dans un film grand public (Shall we dance) qui m'a profondément marquée lorsque je l'ai entendue:

«On a besoin d'un témoin de nos vies. Il y a un milliard de personnes sur la planète. Que signifie réellement une seule vie? Mais dans un mariage, on promet de porter attention à tout. Les bonnes choses, les mauvaises, les choses terribles, les choses mondaines... tout, en tout temps, chaque jour. On se marie pour avoir un témoin de sa propre vie. Sans quoi, elle passerait inaperçue.»

Comme il s'agissait sans doute de la dernière étape avant de te faire fuir pour de bon, je te remercie d'être entré dans mon monde, d'avoir lu ce très volumineux email pas nécessaire, pour m'avoir a demi-conquise, T'être offert à demi et je te donne un gros calin, l'un de ces calins profonds qui t'aide à t'endormir ou à arrêter le temps.

Et si je dis: c'est important pour moi
Eh bien tu sais ce que je veux réellement dire.

Anick-Marie, sans censure.

mardi, juin 2

2 ans en Europe...

Deux ans sur les routes européennes dans 4 jours dans mon cas.. Mais j’étais déjà sur la route depuis un moment. En comptant tous les mois où mon frère a hébergé mes boîtes en attendant que je m’installe et revienne les chercher, ça fait maintenant 7 ans. The 7 year itch, me disait un autre nomade. Après 7 ans de vie commune, le couple ressent la tension qui donne envie d’aller voir ailleurs… et je suppose que pour les nomades, c’est la tension d’explorer la sédentarité. On ne sait pas. Toujours est-il que je viens de m’installer à Berlin. On me demande où je vis, combien de temps je reste, et répondre me semble tellement difficile.. oui je vis à Berlin, non je ne serai pas plus de 10 jours ici ce mois, oui je suis canadienne (et pas écossaise, comme plusieurs le croient, mais qu’est-ce que ça change?). Je suis à présent diplômée, rédactrice, correctrice, et je parle un peu le turc et l’allemand. Rien de prévisible à pareille date l’an dernier.

Je voulais juste te dire que je t’aime fort fort fort. Juste pour pas que t’oublie, grand barbu.

Et ma pilosité a changé aussi, semble-t’il!

(Commentaire originellement sur http://legrandroux.com/?p=389#comment-8126 )

lundi, juin 1

Dépenses - Mai

Argent de poche Turquie: retiré 88,24 pounds (200 Livres Turques)
50 YTL sont en fait un cadeau de mariage pour des amis...

Argent de poche sur la route: 9,29 pounds (20 Levas bulgares)

Frais bancaires: 3,51 pounds
Telephone mobile: 10 pounds
Livre sur Amazon pour Taylor: 3,95 pounds

Retour d'impôt, yay! 384,55 pounds !

Total Mai: 114,99 = 3,70 pounds par jour
Objectif: 4,25 pounds fut atteint.
Moyenne depuis mon départ: 7,25

De grosses dépenses à venir:
LOYER sur Projectvolunteering: 100 Euros
Berlin Beach Camp: 18 Euros
Disque dur externe
Petit ordinateur
---
Mon laptop redémarre beaucoup dernièrement et je ne peux pas vraiment continuer sans son support.. donc je commence à chercher un moyen de le remplacer par quelque chose de plus adapté à ma vie nomade (plus petit et récent).

mercredi, mai 20

Lettres à mon compagnon - Sur la route...

Trop long, un email sur la route - J'ai peur, j'ai peur ... 7 mars
[...]

Tu sais probablement déjà que j'ai parlé avec ta sœur au téléphone dernièrement... J'ai crû que c'était sans problème. Je ne te tends pas de guet-apens dans ma toile tissée autour de toi... Tu sais, un jour j'ai eu une veuve noire qui m'a grimpé tout le long de la jambe, au Pérou. J'ai tendance à jouer avec ces animaux, à ne pas me faire de souci, mais tu es le mâle, je suppose que tu as tes raisons d'être anxieux... Mais non, j'avais simplement envie de lui parler. Il est difficile de croire qu'on a passé tout ce temps au téléphone, 75 minutes je crois? Je raccroche normalement le téléphone au bout de 20 minutes avec mes parents, leur disant: Papa, mon cerveau est cuit! (putains de téléphones portables). Elle m'a tout dit sur des inaptitudes linguistiques, et je lui ai tout dit sur mes non-diplômes. Apparemment, j'ai un rancart avec elle en Inde. Au fait, je t'ai dit que j'aimais les femmes également?


Enfin, il n'y y a ni début ni fin. Tu as vu des pièces éparses du puzzle de mon processus quotidien, me plongeant dans cet état d'esprit éparpillé/terrifié/apaisé/heureux dans lequel je me trouve en ce moment. Et depuis mon arrivée à Paris, je ne suis plus aussi terrifiée, à dire vrai. Je me sens bien, mais j'ai peu d'émotions, je me sens presque zombie..

Je n'arrive pas à prendre du recul face à tout ça. Je crois que c'est une expérience religieuse, mystique. Peux-tu lire tout ça sans croire que je suis complètement folle? Je suis généralement quelqu'un d'organisé, de rationnel, mais quand j'appréhende la situation en cours, j'ai l'impression de pelleter des nuages....

Tout d'abord, je suis une sorcière. Tu en es un également (tu le savais, n'est-ce-pas?). Il est plus difficile de reconnaître les hommes-sorcière que les femmes, mais c'est possible. Qu'est-ce qu'une sorcière? Le décrire n'est pas simple, mais en juin 2006 j'ai écrit: "Le chamanisme, religion primitive, avait ses hommes et femmes a vocation religieuse. la sorcière était alors des rites liés à la déesse-mère, apportant la fertilité à la terre. On parlera dans l'antiquité de Cybèle ou Demeter, de Diane. Les femmes étaient alors les cueilleuses, puis des agricultrices. Leur rôle était sensiblement plus proche de la terre et du règne végétal.

Apparurent les guérisseuses, des femmes soigneuses. Ce n'est que tardivement que la sorcière, la femme chaman, se métamorphosa en un mythe misogyne. C'est dire que ces femmes avec une connaissance mystique ou scientifique particulière faisaient peur de par leur autonomie (tant professionnelle qu'intellectuelle). C'est une femme qu'on n'épouse pas, elle est étrange et séduit. On ne peut la mettre dans une catégorie. On l'utilise puis on la détruit. [...]

Pour moi, le mot sorcière est chargé de toute cette histoire-là. C'est quelqu'une qui d'abord et avant tout guérit. Quelqu'une qui possède une spiritualité liée à la terre, à une vision holistique de Gaïa. C'est quelqu'une de fertile intellectuellement, a en être incomprise et inadaptée. C'est quelqu'une qu'on voit comme mère ou marraine de beaucoup d'êtres vivants. C'est quelqu'une qui impressionne par son attraction sexuelle, par sa liberté, mais qui ne conserve pas d'homme dans sa vie. C'est quelqu'une qui se fait désigner herboriste ou sorcière par le sens commun et par ses pairs."

Alors,...

Je t'ai dit auparavant que j'ai souvent dans ma jeunesse ressenti l'appel du monde religieux, spirituel, particulièrement dans les périodes de dépression. Cette fois-ci, je ne suis pas déprimée. Quand j'ai décidé de me remettre sur la route, mon cœur battait la chamade, comme si je faisais une folie... et .. vivre avec l'adrénaline dans mon système toutes ces semaines a été franchement horrible et doux à la fois. J'espérais tellement de tes nouvelles, je vivais mon désir si intensément, ta présence dans mon cœur et cette situation déconstruite, tout cela m'a fait atteindre un point de non-retour. Tu t'es fondu dans l'entièreté de la situation, un catalyseur de ces choses latentes en moi. C'est ce que je veux dire par "Ce n'est plus à ton sujet seulement"

Nous sommes devenus des êtres égoïstes. Je te dis comment je me sens et ce que je veux. Tu me dis comment tu te sens et ce que tu veux... il n'y a pas de compassion profonde entre nous, pas de "nous", d'"ensembleté". Je me suis rendue compte de cela, est ça m'a embêtée. Du ton de ton dernier message, je peux sentir le changement, également. Attends, j'ai une bédé pour ça.

http://xkcd.com/355/

En pelant sans fin mes pommes de terre, j'ai pris plaisir à développer une obsession au sujet d'une partie très précise de toi: ta clavicule, du côté gauche. J'ai eu une vision de mes mains déposés là, se déroulant en un galop vers ton sternum, et puis le plat de ma main s'étendant et ma tête déposée par-dessus. Et là, tes mains caresseraient mes cheveux et je fermerais les yeux. À présent, chaque fois que je touche l'une de mes clavicule, je me sens très vivante.

J'ai marché au retour du supermarché, j'ai pensé: "Je suis libre comme une none". Je crois que ça y est; je n'ai pas de religion, mais je prends lentement mes vœux: un mode de vie plus simple, plus pauvre, plus humble. Accepter la charité, vivre de dons, tout donner, sourire, partager, bouger, soutenir les autres. Je ne peux être sur le sentier des carrières, consommer, "en" faire partie. Parfois l'on prend des résolutions et l'on se bat pour les maintenir.. Je ne suis pas ainsi. Quand j'ai arrêté de fumer, j'ai simplement oublié de fumer. Je ne suis jamais demeurée dépendante de quoi que ce soit bien bien longtemps. C'est une réflexion fertile que je vis en ce moment, et j'abandonne la société. J'ai tenté trop longtemps d'être normale, je ne pouvais le voir auparavant, j'étais emprisonnée dans un autre monde, un autre jeu avec d'autres règles. Je vais de l'avant, mais sans dire "je suis prête à aller de l'avant, je suis résolue", mais plutôt: "c'est en cours de route". Je ne choisis pas la folie... enfin, tu sais ce que je veux dire, tu es straight-edge toi aussi...

Je sens que j'embrasse une vie sacrée. Que fait-on en "entrant en religion" ? Que fait-on aux sorcières avant de les brûler?

On coupe leurs cheveux.

Alors j'ai pensé à ça, mes doigts courrant le long de ta clavicule, et toi me coupant les cheveux... Et cette phrase que m'a fait tellement peur lorsqu'elle est apparue dans ma tête, en connaissance intuitive de sorcière... "Si ce n'est pas lui, alors personne d'autre". Eh bien, je crois que ça y est. Si tu ne me rase pas la tête, je devrais le faire moi-même. Franchir la porte. M'y rendre.

Tu dis que je te pousse, et toi tu me tires.. Tu me force à lâcher prise, à te laisser aller, a laisser tous mes espoirs derrière. C'est difficile, mais après tout, ça m'a amenée où je suis en ce moment. Je respecte celà, tes sentiments pour moi qui éclatent dans toutes les directions, terminant tous tes emails comme si tu avais vraiment peur de me perdre, où peur de croire que je pourrais ne pas être "cette fille"....

Je n'ai ni peur de mourir, ni peur que tu meures, mais de tout ce qui peut nous arriver avant que mes doigts ne gallopent sur ta poitrine le long de ta clavicule, avant que ma tête ne repose enfin sur la main plate sur ton sternum.

J'honnis l'idée selon laquelle ta fuite pourrait te mettre en danger, juste pour fuir, et c'est pour cela que je ne peux plus te pousse. Je préfère être patiente dans cette vie-ci (patiente, moi?) que de te poursuivre à travers lles cycles karmique et les renaissances...

Comment conclure? Je suis excitée, heureuse, fatiguée, malade, tu me manques et je ne t'ai jamais vu, je me sens très seule mais tellement assurée, je me sens abandonnée mais tellement soulagée, et je sais que tout ça, c'est de ta faute.

Je t'exprime malgré tout ma gratitude.

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[...]

Depuis que j'ai quitté ma base, je me suis tenue occupée et n'ai pas beaucoup pensé à toi. Le seul moment où j'ai souhaité que tu soies à mes côtés, c'est quand j'ai déchiré le ventre de Paris et entré dans l'utérus des catacombes. Là, rampant agilement, tel un chat, prennant plaisir à vivre mon silence propre, j'ai ressenti le besoin de la présence de "ce gars" (toi! hehe), derrière moi ouvrant ses bras et me tennant très doucement. À contempler les graffitis, de ces oeuvres d'art aux compositions magiques, faits à l'ancienne, en noir et blanc, mon corps s'est tenu vers l'arrière, à la recherche de la chaleur du tien, d'un partenaire qui les regarde avec moi.

C'est le seul moment.

Tes emails était sans doute trompeurs. Ils m'ont mise en déroute, hors de ma route. Je ne comprends pas pourquoi tu m'as cueillie hors de ma vie solitaire, tu as empoigné ma main pour me tirer à travers les monde de rêve où je me fous de ce dont j'ai l'air, où je dois aller et comment m'y rendre. Je déteste penser que tu pourrais me faire du mal. Malgré qu'on ne se soit jamais rencontrés. Malgré que tu soies si loin, malgré que tu aies tout enclenché.

(Solitaire ? c'est discutable. Je ne t'ai jamais mentionné que je voyais quelqu'un à Edimbourg, quelqu'un qui m'a donné du boulot payé pour sa thèse de doctorat, assez pour me rendre à Istanbul. Étrangement, nous avons cessé de nous voir au même moment où tu faisais tes pirouettes...

Je vais au lit, je peux à peine me tenir assise. Ma gorge me brûle, mais de l'air frais est entré dans l'appartement depuis le début de cette lettre. Épuisée. Je voudrais le silence, enfin, et puis le vent. Le calme. Le vent. J'aime le veut, la sensation qu'il me donne lorsqu'il me caresse les cheveux me fait sentir si libre.

*chuchotant à ton oreille*

"Sois mon vent..."

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Il danse, Il danse, sur quel pied danse-t-il ? - 11 mars

"Oï.

Je te dois encore un long email...

9 jours sans hôte, sans douche, des squats, camping... et les gens au hasard des routes...

Je ne sais pas qui a commencé tout ça... ce qu'il y a entre nous. Je ne crois pas que ça ait de l'importance. Ce n'est certainement pas ce que je cherchais. L'intimité avec qui que ce soit ne me manque même pas.

Mais peut-être que je pense encore à ce que ce serait de tenir quelqu'un dans mes bras.

Tu t'accroches à une image, je le fais pour des paroles..

"everything will be back to the way that it was. I wish it was just that easy"
"this is over my head and underneath my feet"

Je ne sais pas. Désolé. Pensées. Rapides. Rencontré un couple français faisant du stop jusqu'en mongolie. Super excitant!

... je dois me sauver..."

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Eh bien sauve-toi. 11 mars - À Cologne.

Honnêtement.

Je suis fatiguée de tout celà.

Tu ne le fais pas exprès, mais je résultat est le même: je sens que tu joues avec moi.

Je crois que je devrais tout laisser aller de toi. Tu me fais du mal. J'ai envie de te dire que je ne veux plus avoir de tes nouvelles, mais c'est parce que je suis brisée.

En te souhaitnant un heureux parcours solitaire...

Je ne veux plus te rencontrer.

Et tu ne me dois rien, vraiment.

Vraiment? Eh bien adieu - 13 mars

"C'est ainsi que notre histoire doit se terminer.

En y repensant, oui, le résultat est que je me suis joué de toi. Jamais ce ne fut mon intention, te faire du mal? Jamais.

Toujours déchiré.. et tu pousses.. et j'ai dit des trucs que tu voulais entendre... pour partager un rêve avec toi qui n'était sans doute pas entièrement le mien.

Je suis sincèrement désolé. Je veux être ton ami, je veux te rencontré, mais je n'ai jamais ressenti ce moment comme le bon. ..

Si ce n'est pas en Inde, alors.. un autre endroit, un autre moment.

Je respecte que tu soies furieuse contre moi. Je suis aussi furieux contre moi, qui suis pour toi qu'un pleutre, qu'un autre con.

Que tu me réécrives ou non, je souhaites que tu te sentes bien à présent sur la route."

lundi, mai 18

Lettres à mon compagnon - 2 Mars

Sa réponse, d'un monastère en Syrie, 2 mars

Je crois que les courriels que je t'ai envoyés auparavant étaient malheureusement trompeurs. Je suis désolé. Je me rappelle distinctement être étendu dans mon lit en Australie et passer tellement, tellement de nuits à tenter d'imaginer ce que ce serait d'être avec quelqu'un... de sentir des bras autour de moi et de sentir leur chaleur... C'est quelque chose que j'ai ressenti seulement une poignée de fois dans ma vie... Mais comme j'ai commencé à voyager plus, devenant éventuellement ce que je suis maintenant, cette sensation s'est atténuée. Il y a toujours des moments dans mes voyages en solitaires où je voudrais quelqu'un avec moi pour partager ce moment, mais en ce moment, je suis si bien sur la route, seul... C'est comme être en lune de miel avec la route.. Tout est nouveau et excitant et il n'y a pas de côté négatif (à part peut-être dormir sous la pluie, mais bon, ça arrive à tout le monde de temps à autres, non?)

[...]

Alors ce que je t'expliquais dans mes derniers courriels.... c'était mon ancien état d'esprit. C'est un peu comme si t'envoyer tout ça m'avait fait clarifier mes idées. Je me suis rendue compte que j'étais heureux, seul. Je ne dis pas que je ne serais pas plus heureux avec quelqu'un ... mais en ce moment, ma vie est.... sababa (hébreux pour dire "cool", "relax")

Au monastère, je regardais un pigeon mâlecourir derrière un pigeon femelle... et j'ai eu une épiphanie: faire la cour n'est qu'un jeu. Pour y gagner, il faut y jouer.... Et je n'ai pas joué le jeu depuis très longtemps. Si j'ai eu des relations avec le sexe opposé depuis c'est uniquement parce que les femmes ont pris l'initiative... et ce n'est pas comme ça que le jeu se joue, normalement.

Je suis toujours au monastère, sans Internet, et je réponds de mémoire à la dernière lettre que tu m'as écrite. J'étais surpris de voir combien tu me connaissais... et que tu saches si bien ce qui me traverse l'esprit. Je crois que toutes tes craintes sont parfaitement justifiées. Tu es une fille fantastique à laquelle rêver (tu es épatante, Anick, ne laisse pas mes mots te saper le moral) et bien sûr, je voudrais te rencontrer.... mais en ce moment... je ne veux rien forcer. Et comme ma petite sœur m'a cyniquement dit: "Ah, bien sûr tu retourneras vers la Grèce pour Anick!". Je ne retourne pas en arrière, c'est contre mes principes. Et dans ma tête maintenant c'est EST, EST, EST.

Cette dernière phrase me fait passer pour un enfoiré... mais il faut tout remettre en contexte...

En résumé, de ma chanson préférée, Somewhere in Between - Lifehouse:

“I don’t want to run away from this, I know that I just don’t need this”

Je veux me rendre à toi, comme tu te rends à moi... Mais ce n'est pas le bon moment... et je crois que c'est vraiment malencontreux... L'autre chanson que j'ai en tête continuellement c'est "Here with you" de Dido:

“I cant breathe, until your resting here with me”.

Je suis déchiré.. je fais peut-être l'erreur la plus monumentale de toute ma vie... J'ignore si je vais la regretter... j'ignore si c'est la "bonne" décision...

Mais la route m'appelle... à l'est.. et je réponds...

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Rapidement, ma réponse.... 2 mars également

Alors, tu ne vas pas en Israel?

Sois en Turquie quand j'y arriverai, on passera un peu de temps avec Daniel avant son départ. La situation est différente pour moi à présent également. Je voulais t'écrire un autre mail après le denier, mais je change d'avis à chaque instant...

Ce voyage à pris une autre couleur... il est de moins en moins à ton sujet... Même si te rencontrer est important pour moi...

J'ai besoin... que tu coupes mes cheveux... Je ne sais pas pourquoi, mais il me semble que tu es la personne qui doive le faire... Il y a des changements radicaux qui se passent en moi en ce moment.. quelquechose de spirituel? Quand je tente de le décrire, c'est très confus, mais je sais que si on en parlait tu me comprendrait...

Bien sûr, mon coeur se met à pomper avec acharnement chaque fois que je reçois un message de ta part, mais c'est uniquement l'adrénaline qui me plonge dans et hors de cette situation si extrême pour moi. Je suis toujours à Edimbourg, je quitte demain et n'aurai pas de temps pour moi-même lors de mon séjour "sur la route".

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Discussion en ligne... Viens couper mes cheveux... Pas de conclusion!

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Trop peu de temps .... 4 mars

J'ai compris que tu ne reviendrais pas pour me voir.
Je dois lâcher prise, et continuer...

Je me sens très seule, toute seule, pas solitaire mais...
Je suis également malade et épuisée... J'ai commencé à t'écrire un message lorsque j'étais à l'aéroport, mais ma batterie d'ordinateur portable m'a fait défaut. Je n'aurai pas le temps de t'écrire avant un bon moment. J'ai si peu dormi dernièrement.

Tu me manques, mais ces choses-là ne se passeront pas mieux quand tu seras plus à l'Est.

Tu te rappelles, je t'ai dit autrefois que je ne t'attendrais pas et que ça devait se passer maintenant?

Tu dois partir, tu dois quitter, je ne peux être cet être égoïste qui te retient. Nous avons été si égoïstes... et ça change. Je suis intense.. je le serai toujours et je vais probablement changer d'idée dix fois d'ici là.

J'ai hâte à notre rancart, en Inde...

Voyage prudemment (sois en Inde en un morceau)

Tienne, plus que je ne l'aies jamais cru possible
Anick-Marie

P.S. Je t'écrirai quand je me sentirai mieux et aurai plus de temps. Il n'y a qu'une phrase qui soit prête, écrite sur mon coeur depuis un moment :
"Si ce n'est pas toi, c'est nul autre"
(Je parle de mes cheveux, bien sûr... je t'enverai des photos)

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Sa réponse, douce, douce, douce... 7 mars

dors. respire. relaxe.

Retourne au rhythme du voyageur

J'ai jusqu'au 23 sur mon visa turc. Tout est possible.




vendredi, mai 15

Lettres à mon compagnon - 22 février

J'espère que tu apprécies toujours de recevoir des messages de ma part, parce que ça m'a vraiment fait plaisir de t'écrire dernièrement. Eh oui, même ces longs messages pathétiques aux épilogues étranges, et je ne sais pas pourquoi je me sens toujours si fatiguée, je finis toujours par t'écrire quand je me sens faible. Merde.

J'ai passé les deux dernières journées à faire rien de ce que j'avais à faire, mais à simplement profiter de ce temps le plus fantastique de toute ma vie (i.e. chaque jour.. chaque jour..) C'était bien: j'ai aidé Judy à perdre sa virginité d'auto-stoppeuse en allant chez Tante Kitty à Kinross, environ 50 km au nord d'Edimbourg, sur les rives du Loch Leven. Nous avons été traitées comme les reines que nous sommes, avec du thé aux épices, et des bagels coupés en deux et grillés nous disant: I love you (où I owe you - je te dois..., quand le grille pain n'est pas parfaitement ajusté). C'est un cadeau de l'oncle Bill à sa nouvelle fiancée (c'est le couple de la demande en mariage sur le canapé, à la fête, et en partie la raison qui m'a poussée à faire des folies et quitter l'Écosse).

Maintenant mon cœur pleure: j'aime l'Écosse. J'aurais voulu m'installer ici plus longtemps, mais je suppose que je n'aurais pas vraiment pu le faire, devant quitté lorsque la Wanderlust (ce mot allemand veut dire "désir de vagabonder"...) se serait emparée de moi. C'est ainsi. J'observe chaque paysage tel un nouveau souvenir, chaque saveur, chaque chanson que j'écoute, je me sens très sensible à la vie, très vivante, et je devrais me sentir ainsi plus souvent.
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Et la fuite ? J'y ai pensé aujourd'hui: je suis tentée, également. Enfin, on peut tous deux le faire, non ? Nous pouvons tous deux décider ne pas nous pointer. Cependant, je ne crois pas que je m'enfuirais pour les mêmes raisons que toi. J'aime la fuite en tant que fantasme. Avant, j'étais terrifée à l'idée d'être rejetée, et j'aimais l'idée de foutre en l'air ma chance de réaliser un rêve amoureux avant même qu'il ne s'écroule de lui même. Quand j'étais fiancée, je devais emménager avec mon conjoint, et je me suis toujours demandé ce que ce serait pour lui de rentrer à la maison un soir et se rendre compte que j'ai disparu, déménagé dans une petite ville (mais il ne pourrait me retrouver ni avoir de mes nouvelles). Juste une pièce vide dans un appartement, comme s'éveiller d'un rêve, réaliser que celle que l'on aimait n'a jamais existé. Ce fantasme était omniprésent, à un point tel que je lui disais souvent: "Chaque jour je choisis d'être avec toi". Je ne lui ai jamais dit que je voulais m'enfuir...

Je crois que la raison principale pour laquelle j'aimerais suivre mon intuition et te rencontrer et tout ça, c'est que tout me semble si insoutenable maintenant. Je sens que je ne serais pas suffisamment forte. Je m'évanouis en dedans. Je ne peux m'imaginer te rencontrer, j'ai si peu d'assurance. Je suis si vulnérable puisque je te dis comment je ne sens, et tout semble si irréel. Mon sentiment me dit que tu ne t'y pointeras pas et qu'il vaudrait mieux éviter ce mortel sentiment d'abandon.

Et tu veux tellement voyager seul, et pourtant je peux parfaitement t'imaginer voyageant avec Amylin, ou n'importe quelle personne rencontrée au hasard des groupes de discussion, n'importe qui sauf moi. Je ne sais pas pourquoi ça fait un peu mal, c'est confus et.. j'évite de penser à tout cela. Et je crois que je dois simplement faire encore plus de folies et faire en sorte que l'on ne se rencontre jamais. Je change d'avis au moins 3 fois par jour sur ce sujet.
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Le mal de tête m'a pris alors que je mangeais un curry de fèves. Je ne sais pas pourquoi tu es revenu sur le sujet, peut-être m'ont-ils demandé pourquoi je partais? J'étais agacée car Judy semblait si positive à ton égard et je lui ai demandé: "Que vois-tu en lui? Qu'y-a-t-il qui soit en sa faveur?"
(silence)
Judy: Je crois que c'est un bon gars, il est vrai, il est bon pour toi, il est tellement heureux...
(Judy semblait inconfortable)
Kitty (à moi): Et toi, que vois-tu en lui?
(Mon regard s'est figé dans le curry, et j'y ai réfléchi quelques secondes...)
AM: Un pote.
(huh? Un pote?)
AM: Même en août, et avant, il me manquait sans que je l'aie rencontré, sans ressentir quoi que ce soit pour lui; il est sur les forums où je suis, il est en résonance avec moi, il est rêveur, il est radical, mais il a la foi, il est quelqu'un à qui je peux tout dire. Je crois que c'est un pote pour moi, un complice. Je ne suis jamais demandé s'il était joli ou laid. J'ai jamais pensé qu'il serait bon ou méchant, pour moi, il est juste Taylor et ça me suffit amplement.
(silence)
Kitty: On dirait que c'est le bon alors!
AM: Ne t'avise pas de dire ça !
Judy: Je crois qu'elle a raison. Tu étais si amoureuse de Patrick, et tu es tellement sur la défensive lorsqu'on parle de Taylor.... C'est très... différent.
(Silence... silence très lourd)
Ma migraine s'est amplifiée. Kitty voulait voir ton profil et a commenté tes photos. J'étais étourdie. Elle m'a fait couler un bain chaud, aussi chaud que jamais je ne me les offre, avec les plantes tout autour du bain, et de la mousse pour m'y tremper. Puis, je me suis enroulée dans un grande serviette blanche moelleuse et la robe de chambre assortie m'attendait sur le lit. Je ne crois pas que j'aie eu autant de douceur sur ma peau depuis le Hammam à Cologne, quand Ulf m'a fait subir un massage traditionnel turc, une surprise. Puis, j'ai pensé aux bains, et aux hippies malpropres et puants, et à la grande discussion sur le forum des femmes en Inde, et à comment j'avais autrefois l'habitude de régler les problèmes matrimoniaux dans le bain, et que j'ai toujours trouvé si difficile de retirer le bouchon à la fin du bain, comme j'aime l'eau et mon coeur battait si fort que je ne pouvais pas vraiment le calmer.. la chaleur, pour sûr.

La nuit, j'étais dans un lit royal, si grand, et j'ai dormi à demi, d'un sommeil agité. Je ne veux pas dormir dans un lit queen, je veux dormir dans tes bras. Nouille, nouille, nouille... Je me suis tournée et retourné, et j'ai nagé à la recherche de confort dans un espace si grand, si vide, et tout ce que j'ai trouvé c'est le froid du vide et tous les magazines de filles avec leurs articles sur la perte de poids des célébrités... gr....

Le matin, nous avons eu un petit dej fantastique pour débuter un nouveau jour parfait de ma vie de rêve. On nous a ramenées à Edimbourg, et je suis toujours tant fatiguée que je vais faire une sieste et travailler sur mes trucs de traduction plus tard. Je me sens tellement mieux quand je me tiens occupée... Sinon j'ai l'impression de tourner en rond, je me demande à quoi tu penses, et je me demande à quoi je pense, et je change d'idées 10 fois et j'essaye de me protéger, je rêve à la fuite, la fuite vers la route où je suis chez moi...

... a toi qui entre dans ma vie...
... et en disparaît immanquablement...

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Une conversation avec Seb:
S: Beaucoup de mecs rêvent d'une fille exactement comme toi...
AM: ... voilà, ils rêvent. Je suis une fille de laquelle il est intéressant de rêver, si libre, si impliquée, si passionnée, mais qui peut soutenir le rêve le matin, rêve pour midi, rêve l'après-midi, rêve le soir, rêve la nuit? Et peut-être est-ce que je les fais rire, mais eux n'y arrivent pas... ou le font pour quelques semaines et continuent à bosser, à planifier leur vie ici ou là, ils ne réalisent jamais ce qui occupe leur rêves, je suis immanquablement déçue. Pourquoi ne pourrais-je pas également être avec quelqu'un qui ne me fasse rêver ?
S: ...
AM: Et si les gens réalisaient qu'il sont complètement libre? C'est incroyablement lourd à supporter, parce que l'on devient responsable de ses propres choix, TOUS leurs choix... et ils ont alors peur de ma liberté, ils tentent de m'apprivoiser, de me retenir à un endroit... mais je ne peux pas.. je ne peux pas faire ça...

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... suffit avec cet agrégat de mots sans but.
*calins* & *calins* et.. quand seras tu en Israel? ces courriels sont inconvenants: j'en envoie un, et je le regrette toujours.

Je n'ai rien de planifié pour mon dernier week-en en Écosse; avec un peu de chance, on pourra se parler brièvement. Ne t'en fais pas...

Anick

lundi, mai 11

Dépenses - Avril

Argent de poche Turquie: retiré 129.87 + 86.71 pounds (300 + 200 Livres Turques)
Frais bancaires: 2,59 + 1,75 pounds
Telephone mobile: 10 pounds

Total Avril: 230,92 = 7,70 pounds par jour
Total Mars: 321.07 = 10,35 pounds par jour
Amélioration de 2,65 pounds
Objectif: 4,25 pounds...

Lettres à mon compagnon -4

Envoyé à mes amis anglophones le 9 février:

Mes chers amis, famille et collègues,

Ce matin, j'ai pris une décision importante: je quitterai le Royaume-Uni plus tôt que je l'ai cru.

"Tu me connais, je suis impulsive!"
- Eternal Sunshine of the Spotless Mind
http://www.youtube.com/watch?v=gxPeIEGfzac

Où vais-je? Cela reste à préciser. Mais j'y vais. Cela veut dire que je partage mon temps entre la liste de choses à faire (un peu de patience, je vous prie!), louer ma chambre, faire le ménage dans ma paperasse et... décider de la destination. Prière de ne pas m'inviter! Je sais où vous vous trouvez... et je vais peut-être visiter certains d'entre vous... Mais je dois prendre mon propre chemin...

http://www.youtube.com/watch?v=Qn0CrLyeUaY

Je me dois vraiment de partir, c'est viscéral. Je me suis sentie fébrile dernièrement, et je sais que c'est l'appel de la route, conjointement à la crise économique au pays et le manque de perspectives d'emploi. De plus, je sais que j'aurai à quitter dans quelques mois, et je déteste m'en rendre compte.

Je ne sais pas combien de temps dureront mes économies sur la route. Si j'ai besoin d'aide, je vous assure que je vous le dirai. J'aurai peut-être besoin d'argent sur mon compte si je tente de me rendre en Australie avec un Visa Vacances-travail., juste pour prouver que je peux me maintenir financièrement. D'ici là, je crois que je m'en sortirai!

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15 Février

Merci pour ta réponse. Quel long courriel! Je ne me sens pas très confuse, mais les émotions ont pris mon corps par vagues au fil de ma lecture. Je suis plutôt soulagée d'avoir de tes nouvelles que déçue par le contenue de ta lettre.

Je suis dépassée par les impôts et la pneumonie. Je suis sortie hier dans mes deux bars favoris et ai pris beaucoup de plaisir à vivre le "ici et maintenant" et évitant d'être avec toi en pensée. À dire vrai, ce n'a pas vraiment fonctionné. J'ai lu ton message a 4h du mat', en rentrant à la maison.

Je crois qu'il y a eu un malentendu: je pars pour la Turquie. Je sais qu'à un moment tu as mentionné que je t'offrais de tout abandonner pour voyager avec toi et je n'ai pas contredit ce fait, mais je crois qu'il s'agit d'un malentendu puisque je ne l'ai jamais dit. J'ai accepté de le rêver parce que mes rêves sont beaucoup plus flexibles que les tiens semblent l'être. Honnêtement, je n'ai jamais rêvé d'être une voyageuse, une nomade. C'est arrivé au fil du temps, à force de lutter pour satisfaire ma soif de vivre. Je n'ai jamais rêvé de "voyager de par le monde auprès de toi", mais c'est une suggestion romantique que je ne déclinerais pas.

J'ai lu ton profile pour la première fois hier, et me suis arrêtée longuement sur la section "philosophie". Ça m'a parlé d'aventure, mais tu me reproches de te pousser vers l'avant, comme si c'était une mauvaise chose. Ça m'a parlé des dangers de la sécurité pour les Hommes, mais tu m'écris que le voyage seul est le choix qui te rassure. Je suppose que tu es homme de paradoxes.

Ton attitude de fuite me rappelle moi-même, malgré que j'ignore mon sentiment réel à ce sujet. Pour la première fois depuis si longtemps, je ne suis pas celle qui suis confuse. J'ai suggéré une rencontre et un voyage de quelques semaines à travers la Grèce ou la Turquie, je ne crois pas m'être avancée plus loin, n'est-ce pas? Tu ne parles de relations, de bébés (!) alors que moi je souhaitais réaliser certaines de mes cinq résolutions du nouvel an:

1. Cesser de surnommer mes meilleurs amis de gars "Bitch"
2. Éviter de substituer "Bitch" par "Bastard"
3. Simplifier
4. Être plus confiante que l'an dernier.
5. Reprendre la route lorsqu'elle m'appelle.

:)

La situation est tout de même simple de mon côté. J'y vais, je sais même quand j'y vais! Je suis obsédée par l'apprentissage et je ne sais rien de la Turquie, de l'Asie Centrale, du Moyen Orient. Tu sais, j'ai tant à apprendre...

Je pourrais rester si longtemps ici ou là: je ne peux pas voyager *si rapidement* très longtemps. À vrai dire, nous sommes des voyageurs très différent. Des gens très différents. Tu parles comme si me rencontrer serait la fin d'une ère alors que je vois les chemins que prennent les gens comme des fils entremêlés, des routes partagées, puis on se sépare.. et on les partage de nouveau.. qui sait? Comment pourrait-on prédire l'avenir? Les projets ne fonctionnent jamais vraiment, de toute façon...

*câlin à demi-gauche*

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16 février - Réponse de mon partenaire...
"Ton email me fait sentir bien mieux. Il y a tant de choses que je n'avais pas bien comprises.. Je suis désolé pour toute cette confusion! Se rencontrer en Turquie... fantastique! Je peux le faire, et vais m'arranger pour le faire. Oui, je suis plein de paradoxes. J'aime être anonyme dans une ville mais déteste le sentiment d'impersonnalité qui s'y trouve. J'adore le sens de la communauté des petites villes mais je hais le fait qu'on ne puisse y avoir de vie privée.. Je crois que mes rêves sont plus restreints que les tiens. [...] Parfois j'aimerais être comme une feuille dans le vent. J'y travaille... lentement... Eh oui, j'ai une peur terrible de rencontrer cette fille de laquelle je ne pourrai m'enfuir, en même temps je veux vraiment la rencontre... Et me sortir de cette zone de confort qui se trouve sur la route, signifierait l'arrêt de mes voyages et j'ai si peur de m'y retrouver coincé! [...]"

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dimanche, mai 10

Lettres à mon compagnon -3

En vrac: les choses changent.. mais pour ce blog j'ai décidé de continuer de façon chronologique, afin que vous compreniez mieux ce qui m'a pris, pourquoi je suis partie, et comment ça évolue. Je vais faire un post par jour pour les prochains jours, histoire de rattraper le temps un peu.

Je suis de retour à Istanbul. Ma tête est maintenant plus velue que mes jambes, ça change. Photos à venir sous peu...

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11 février - Des décisions prises...

J'ai ruminé des pensées encore et encore et ça a donné de bons résultats. Difficile de faire la part entre les différentes tensions que je ressens en moi: vouloir te voir faire tes propres choix sans mon influence, prier pour que tu me rejoignes (ou le contraire? te rejoindre?) dans cette folle aventure, jongler avec mes émotions confuses, organiser ce qui doit l'être... Tout y est... je ne sais pas comment l'écrire.. alors je vais m'en tenir aux décisions que j'ai prises, en espérant que cela te donne suffisamment d'information pour prendre une décision éclairée.

- Quitter le Royaume-Uni maintenant est une décision rationnelle. Je me suis débattue intérieurement avec des idées négatives, de mauvais sentiments quand à la situation économique, une réelle catastrophe ici. 400,000 personnes ont présenté une nouvelle de mande d'allocation-chômage ici. Ce sont des chiffres dramatiques et trouver un boulot dans la cuisine d'un resto peut prendre des semaines, voire des mois. Je devrais partir en juin de toute façon. En prenant cette décision, je me suis soulagée d'un poids immense. Je quitte le pays le 3 mars, par avion pour Paris. J'aurai une semaine de boulot sur les traductions de CouchSurfing avec mon développeur, ferai un atelier avec eux et reverrai de mes amis les plus proches.
- De là je me rendrai à Cologne en auto-stop, voir la famille ou j'ai vécu, une bonne amie et Ulf également.
- Auto-stop vers Berlin, week-end d'ateliers en éducation relative à l'environnement et peut-être avec les traducteurs en allemand. Je travaille toujours sur cette idée.
- Aux environs du 16, je me rendrais à Istanbul. Je me suis mise en contact avec Daniel. Il ne peut m'héberger mais m'aidera. Comme il quitte à la fin du mois, il me semblait préférable d'aller directement à Istanbul plutôt qu'en Grèce. Je veux le rencontrer.
- Après... le calendrier est vide. Si je suis seule, je louerai une chambre à Istanbul et y resterai un mois ou deux afin de me préparer pour l'Inde. Si je ne suis pas seule, alors je suis avec toi et je ne peux pas deviner ce qui te semble le mieux. Si tu choisis de me joindre, aimerais-tu venir en Grèce avec moi? Je sais que tu y a déjà passé un moment, mais également 2 semaines à Istanbul, tu l'as sans doute suffisamment visité... Je m'arrange également pour avoir une adresse en Australie pour poster mon ordinateur portable si j'ai besoin de m'en débarrasser et de le récupérer plusieurs mois plus tard.

Voici ou j'en suis. Je suppose que tu comprends comment je me sens. Je te souhaite de faire le choix qui te semble le mieux pour toi, sans trop de pression, mais il y a une énorme partie de omi qui a vraiment peur que tu choisisses de ne pas être avec moi. Étrangement, j'ai plus peur des impots britanniques que de notre faculté à bien voyager ensemble: nous avons tous deux du culot mais sommes assez prudents, sommes indépendants et avons tous deux à apprendre l'un de l'autre... me voilà encore en train d'essayer de te convaincre. Ce n'est pas bien!

Test d'ITS hier. Retiré des euros. Perdu mon téléphone portable. Ne regarde pas ma photo, c'était un coup bas. Je ne me suis pas rendue compte que tu la contemplerais... Je voulais montrer un petit moment d'ici-et-maintenant mais je ne pouvais te montrer la webcam sur Facebook. Vraiment. Je ne veux pas que tu aimes mon physique, que tu viennes à moi pour de mauvaises raisons. J'en suis désolée. Et j'ai vraiment besoin d'un câlin. Enfin, plus que jamais


13 février - Sans nouvelles - Calin de la Saint-Valentin

Je serai à Istanbul aux petites heures du matin du 19 mars. Je me sens affectée plus que je le souhaiterais par l'attente de tes opinions-décisions-sentiments. Je suis dans la pénombre, malgré que je sache bien que tu soies sur la route, probablement confus et avec un accès limité à Internet... C'est parfait... je me sens simplement... fébrile, nerveuse. J'ai peur que tu choisisses de ne pas me rencontrer du tout. Ça rendrait toute cette aventure tellement plus difficile pour moi, pour ainsi dire. Mais je suis prête à y faire face. C'est simplement.. un départ plus difficile. Je suis désolée de faire de ton univers un monde plus complexe. Ce n'était pas mon intention. Mais que puis-je faire à présent de toute manière? La seule manière de me rapprocher de toi est de t'écrire... et les idées suivantes me sont venues, c'est un peu comme un câlin en bouteille....

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Par le passé, j'écrivais beaucoup, sur mon blog principalement. Parfois, c'était les choses que j'aimais, parfois des délires, des projets, des aventures, de la confusion. J'aime écrire, mais quand je m'engage socialement je ne le fais pas autant. J'ai besoin d'une révolution qui me calme et laisse les mots s'écouler.

L'un de mes sujets favoris est l'amour (surprise!), mais particulièrement en relation avec de fortes valeurs et l'activisme. Le sujet provient d'une réflexion qu'à faite une écrivaine que je considère comme ma mère spirituelle, Alexandra David-Neel. Elle fut la première européenne à entrer à Lhassa, parlait six langues, quittait toujours l'Europe pour 10 mois et revenait 12 ans plus tard... (ça lui est arrivé deux fois). C'était une exploratrice, une écrivaine, une monial bouddhiste et avait très mauvais caractère. Je l'adore. Elle s'est mariée parce que c'était les usages de l'époque, mais son mari était plus un ami qu'autre chose; en fait, il la croyait lesbienne... Mais elle croyait que la passion, le dévouement et le sacré ne faisaient pas bon ménage avec l'amour mondain et le sexe. Elle croyait que les prêtres protestants n'étaient pas cohérents puisqu'il prêchaient et rentraient à la maison s'accoupler, elle ne pouvait concevoir qu'une âme militante puisse vivre un train de vie conventionnel.

Il s'agit donc d'un thème qu'il me tient à cœur. Je me demande toujours si j'aurais dû être une nonne ou si je devrais l'être, aussi. J'ai peu écrit sur le sujet, à vrai dire, mais je sens que c'est parfois puissant. Il y a un poème que j'aime bien, de l'un des premiers poètes à écrire fièrement sur le Québec. C'est un peu comme une chanson d'amour, enfin, c'est mon cadeau de la Saint-Valentin, mais il ne faut pas le prendre littéralement. Il me semble simplement que ça reflète bien ce que tu me dépeignais quant à la solitude, avant que je t'effraie.






Et un petit poème de moi, pour finir:


Je voudrais ta bouche et puis
Quand j'irai sauver le monde
La retrouver au retour et
Y goûter encore
Une première fois.



15 février - Signe de vie? Réponse?

"Après plusieurs refus et annulations, j'ai dit merde, et me suis dirigé vers le sud. Syrie, Syrie, Syrie et 9 voitures plus loin j'étais à la frontière. Je l'ai franchie de nuit, ai campé sans tente et me suis fait surprendre par l'orage. J'ai passé des heures à sécher mes vêtements sur de vieilles ruines le lendemain...

[... aventures... aventures... aventures...]

Demain j'irai vers le sud.
Désolé de ne pas t'avoir répondu plus tôt, oui, j'ai repoussé l'échéance jusqu'à ce moment.

Ton courriel m'a partiellement inspiré à partir pour la Syrie... Aller plus à l'est sur un chemin qui ne croiserait peut-être pas ta route. Mais j'ai pensé à toi énormément - ton offre de voyager autour du monde n'est pas quelque chose que j'ai pris à la légère. Je suis très flatté que tu veuilles bien déjà me voir, sans parler de voyager avec moi. Tu me rappelles que je devrais tenter de réaliser mes rêves... ce que je fais en ce moment. J'entre en Syrie. Je voyage à fond.
[...]
Je rêve. Je suis incertain si ce rêve est de voyager avec toi. Te rencontrer, oui, définitivement. Je te dois un gros câlin! Mais je ne sais pas si je veux forcer cette rencontre. Te rencontrer en Inde aurait été dans un futur éloigné. C'était rassurant, n'envahissait pas ma sphère de confort...

Mais toi! Tu pousses constamment! Je crois que l'une des raisons pour lesquelles je n'ai jamais eu de relation sérieuse... et sans doute la plus importante est que je me refuse a compromettre mes rêves....

Voilà, je me mets de force sur une route s'éloignant de toi... mais ce n'est pas exactement vrai. J'ai juste besoin de temps pour voyager seul et me comprendre, trouver le sens des choses pour moi. Je réfléchis constamment et j'évalue tout... ce que je fais... quel rêve je poursuis...


Une chose que je n'ai jamais faite, c'est de rêver avec une fille. Jamais.

[...]

Y-a-t'il alors une réponse à toutes ces divagations? J'aimerais te rencontrer. Je n'ai pas d'idée précise à savoir quand ou où, mais je pense faire du stop jusqu'en Israël, puis faire du bateau-stop jusqu'à Chypre et de retour en Turquie. Je suppose que je suis également effrayé à l'idée de m'engager, particulièrement depuis que mon ami (qui a 22 ans comme moi) a eu son premier enfant.

[...]


jeudi, avril 23

Ankara - Cappadocia - Auto-stop

10-04-09

Encore une fois, je me vois quitter un endroit ou je pourrais vivre pour un bon moment. Mes hôtes furent charmants, nous nous sommes bien entendus en tant que voyageurs... Je suis demeurée là une journée de plus, mais à présent que je suis reposée je dois reprendre la route. Je me dirige vers le Cappadoce, ma première expérience d'auto-stop en solo en Turquie, et je suis légèrement nerveuse. Également, je me dépêche de décrocher, de lâcher prise. Je n'ai pas eu de nouvelles de Taylor depuis déjà quelques jours, puisque la dernière fois j'étais encore à Istanbul. Je suppose qu'à présent, je me dois de disparaître un peu, penser à autre choseé

"Ce ne sera pas possible", ai-je entendu dans ma tête et j'ai répondu "Je sais."

"Que vas-tu faire?" me demanda-t'il.

"Écrire, écrire, écrire."

Il est toujours tentant de s'arrêter quelque part et s'installer un moment. S'arrêter amène des choses bien différentes de ce que la route nous prodigue. La roude vous nourrit d'abord, puis elle vous met à l'épreuve. Tout d'abord, elle vous embrasse, vous enflamme, puis elle vous rappelle à quel point la vie n'est que solitude. Cela vous fait prendre conscience de la valeur du temps, ce temps que vous avez mainteant à revendre. On ne peut compter le temps sur la route en heures ou en semaines, ce doit être en jours ou en mois, voire même en années. La route est une déesse et une salope. Elle vous guide lentement vers la folie, la folie, la folie. Quand l'on s'installe, on se cache littérallement d'elle.... On se sent comme un trouillard, ignorant un appel intérieur assourdissant, laissant la vie passer sans y goûter. On doit délaisser son petit confort, les mondanités, l'espoir, la nourriture chaude, la solitude socialement intégrée.

Quand la route appelle, le choix est simple: se sentir comme une merde ou mettre ses chaussures, mettre ses chaussures, mettre ses chaussures.

Ou marcher nu-pieds.

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Deuxième voiture vers le Cappadoce, la Turquie est une terre nue, les routes et les lignes de courant électriques ressemblent à des cicatrices sur le territoire vierge et verdoyant. Ma monture est un taureau féroce, pardon, un camion Turc avec de bien mauvais amortisseurs. Je profite du rodéo, au sommet du monde, un camion ou l'odeur de tabac me rassure plus qu'elle ne m'énerve. La steppe s'étend devant moi et quand je dis "Çok güzel" (magnifique), c'est du fond du coeur.

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J'ai eu une vision: montant à cheval, gallopant dans la steppe, mais ne pouvant m'imaginer sans une longue tignasse sauvage. Je me suis vue m'aggrippant fermement à mon étalon, comme à un ami, et passer devant un troupeau de moutons. Les moutons à qui j'appartiens. Comme le camion domine la route, comme je domestique, j'apprivoise, je soumets le camion dans ce grand rodéo, je commence à croire à ces mondes parallèles ou rien n'appartient aux humains, et ou les humains appartiennent à tous les êtres vivants. J'appartiens au mouton, j'appartiens au foin, j'appartiens à l'herbe.

La course de mes idées se voit interrompue par la musique qui s'est soudainement arrêtée. Dans le silence, je me suis mise à siffler, et comme le chauffeur semblait apprécier, je me suis mise à chanter une chanson de ma terre natale. Apparemment, il l'a appréciée - Shefferville, une chanson à propos d'une ville-fantôme et le fait d'être la dernière âme à la quitter - et, suivant cet intermède, il s'est mis à me parler beaucoup plus. Je ne pouvais pas tout comprendre, mais j'ai réalisé qu'il parlait d'auto-stop, de conducteurs, hommes, femmes, sexe et voiture. J'ai dit fermement "Hayir" (non) et ça l'a fait sourire un peu. Il m'a dit que non, lui ça ne l'intéressait pas, mais il voulait que je soies consciente de ce problème, je suppose. J'ai pointé mon sac à dos du doigt, j'ai dit que j'étais Canadienne et pas "Natasha" (prostituée en jargon Turc, souvent Russe). Je n'ai pas trop saisi ce qu'il m'a dit ensuite, et il était maintenant temps de se séparer.

mercredi, avril 22

Ankara & Atatürk

09-04-09

Aujourd'hui je me suis baladée à pied dans le centre-ville d'Ankara. J'ai décidé de demeurer ici un jour de plus que prévu, car je me sentais très fatiguée et j'anticipais plutôt négativement mon départ vers le Cappadoce. Anxieuse, mon intuition m'a suggéré de m'arrêter un jour supplémentaire et j'ai donc étudié un peu la langue turque et me suis reposée.


Hier, mes pas m'ont menés jusqu'au coeur de la vieille ville d'Ankara, dans les marchés, à prendre le temps en compagnie de mes hôtes. Puis, je suis entrée dans un monde complètement différent, la citadelle. Des enfants courraient dans tous les sens, pouffant de rire à la vue de mon crâne, me quémandant de l'argent. Les maisons étaient en ruines, abandonnées bien qu'au coeur de la ville, je fus transportée soudainement dans une ère différente. De minuscules chemins serpentaient entre les murs, les maisons et les décombres. Au bout de certains passages, je rencontrais une femme qui m'invitait à poursuivre plus en avant, d'un signe de la main. J'ai gardé ma tête nue, découverte pour la première fois à l'extérieur. J'étais frappée par l'évidence de ma féminité en dépit de mes vêtements unisexe. Ce doit donc être évident, d'un seul coup d'oeil, je suis une femme.



La visite d'aujourd'hui comprennait le mausolée d'Atatürk sur Anitkabir. J'étais seule, mais je me sentais bien. Je ne sais que penser de l'étrange glorification, voire sanctification que font les Turcs de Mustafa Kemal Atatürk, le père de tous les Turcs, mais ce doit avoir un lien avec ses yeux bleus et profonds. Taylor, de quelle couleur sont tes yeux? Je ne prends jamais note de ce genre de choses, mais pour toi j'aurais souhaité y porter attention... Enfin, pour ce qui est d'Atatürk, j'ai le sentiment que c'est tropà le peuple a desoin d'un sauveur et Atatürk en est certainement un. On voudrait parfois éviter le recours à ces prophètes, mais ne serait-ce pas en vain?

jeudi, avril 16

Vivante


Konya .. beaucoup d'aventures et pas beaucoup d'Internet.. mais j'ai ecrit... beaucoup!

samedi, avril 11

Hitchhiking Eskisehir - Ankara

06/04/09

I have to admit that the first leg of this trip silled me with energy, making me not depending on people, but dependable. Not overly confident, but I sure feel much better. I'm starting to really appreciate Turkey, with its concrete, its dirtyness and its proub people. I might come back here to work a few months before heading to Asia. Apparently, working as a nanny pays quite a lot, but it's hard work too. Taylor, if there's anything I should hate about you, it's that you brought me back on the road, where I realy belong. I'm not sure I'll ever get out of it. And now that I am out of Istanbul, I can really downsize my life to the level I wish for. Learn. Listen. Smile.

Te extrano.

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Ankara - 07/04/09
It seems somehow that my personal little monsoon is not over. Music brought me on the edge of crying, tears filled my heart and got stuck in my throat. Feeling better doesn't mean feeling good yet, sadly. I guess I shouldn't have listenned to music again - I'm sure that's what made me dive again so deep in my emotions. In my head I write letters to a lot of people such as Taylor, Megan, Ulf. It's always about feeling hurt and being or having been in love.

I think I should isolate myself a bit, my honeymoon-like last days made me totally overlook that I have huge problems living the here and now. I'm not really enjoying my time off. I'm just trying to find ways to fill the months to come, realize stuff, feel less empty and brokenhearted.

"I just got out of my cave because a kiss took root in me and its petal had to be blown through a digital wire or wireless network, landing on your forehead as you are reading this email. I hope it finds you well. AM"

Unsent email


Evening -


I feel like I've got to write and write but I get so tired. I've got so much and so little to say. My Turkish is improving - I'm starting to understand bits and pieces of conversations. I feel I've got to carry on doing this, but I can't really pinpoint a reason why. Why Turkey? Why Turkish? Even if I asked you, you couldn't answer me, right? It's nothing that we could have expected, right? I decided to delay my trip to Cappadocia by one day. I feel so tired. I need sound sleep before going anywhere. I need to get the drama out of me. I've had such a sense of drama lately, I've impressed myself. Passion I guess. Insane passion. Very insane.


Back to some mundane topics: toilets. I decided that from now on I'd use Turkish toilets everytime its possible for several reasons. I realized that our western toilets are wasting ridiculous amounts of water. Also, I wanted a more simple lifestyle, more humble - this is certainly teaching me humility - Finally, it's also a question of culture, or rather cultural immersion. If I want to live with less desires, I've got some comfort to overcome, comfort that is unreal, like sitting and wait until my shit gets out of my guts. It's not an absolute comfort, I suppose.

Eskisehir

Playing pois with street musicians. I enjoy their music with accents of the Balkans. I can't play pois for long, but I really appreciate being part of it so easily. I really suck at pois, but who knows it? Who notices it? The rule of the street seems to be something like "just to it". Let's kill Nike, they made of a pure statement pure commercial bullshit... But artists certainly have something to teach people. Just do it. I'm just doing it. No excuses. Are you just doing it? I guess I should hang ou with them more often. I feel almost good. While I was playing I was just floating, not thinking.

The wheel of sharing is spinning again, and I have a new camping mat. Do you realize I would have lost an opportunity to receive? Not only did I spare 10 Turkish Liras, but I received an item with some history, a life. I received a gift, that person is a "friend" now, bound to me by solidarity. And it made me feel better on this rainy day.

I still miss Taylor, but today it has nothing to do with suffering. I'd like him to see what I strive for, to witness bits and pieces of my life. To encourage me with one look. Or maybe just to exist. Am I on a way to letting go? This can only come with renouncement or self-realization. I'll try to go both ways at the same time. I just have to start one firstly. I guess it has to be renouncement.

jeudi, avril 9

Depenses - Mars

Billet de train à travers l'Allemagne – 66.44 pounds
Argent de poche Europe: retiré 90.74 + 58.13 pounds (reste 45 Euros, Visa payé 45 Euros)
Argent de poche Turquie: retiré 84.58 pounds (200 Livres Turques)
Frais bancaires: 3,50 pounds
Bus Vienne – Bratislava airport: 7.68 pounds
Telephone mobile: 10 pounds

Total avec transport/visa: 321.07 = 10,35 pounds par jour
Total sans transport/visa: 201.95 = 6,51 pounds par jour

A descendre....
Demain Cappadoce!

mardi, avril 7

Train Istanbul-Eskişehir

I left Istanbul a fewhours ago and have been very sleepy during the first few hours of the ride. Waking up every now and then from my snooze, I would see large quays, harbour areas in the middle of nowhere and huge oil transformation complexes. I went on reading the Lonely Planet, diving into it for the first time. Train rides do that to me sometimes, and the sleep I got earlier on eased my melancholic moods.

The last emails I sent to Taylor sounded rather tragic, and I'm afraid he'll soon ask me not to contact him againç I don't lie in those emailsö but I'm sure trying to pull the right string and bring him close to me. I can't believe he doesn't need me. He's acting like a coward, why? Will I ever meet him? The cut is getting deeper and deeper, and I'm losing hope. Furthermore, I strongly believe that there shouldn't be anyone else after him. I feel that. I can't explaim it. That's me being a fool or a witch again.

I have potential plans until August... Then I might as well start to find a place where I can complete my noviciae until November or December. India, Nepal or East Asia would probably fit that purpose. I can't really plan anything that much ahead, and have already heaps of challenges until then.

The route I'm taking now as a certain beauty; the Marmara was beautiful, plain but wild (though the resorts on the way were plaınly ugly). Now, the rocky hills have a deserted but untamable look (as the small stream we just went past). Peasants are burning some wooden debris; women wear long skirts, bandanas... and look folklorically beautiful.

There are less and less olive trees. We must have gained altitude now because the landscape is mainly punctuated with evergreens.

My bald head feels funny, I want to scratch ıt, ıt tickles, even with the scarf. Last night I was cold, and realized a grea deal of that feeling was because of my naked head. Also, I bought a mobile SIM card yesterday which was expensive and a mistake; I did not deactivate the PIN before switching it off, and lost the card with the PIN on it. To me, it a sign: I shouldn't ge myself another one. Turkey blocks foreign mobiles in the country, apparently to avoid them being stolen, but it is so difficult to have them registered that you better get yourself a brand new local mobile and avoid the hassle. I'll do even better: fuck the mobile.

I'm eating Leblebi (roasted chick peas) and enjoing the train ride, biting in a lemon every once in a while. I wish I'd have taken some salt and chillies with me because I prefer to eat lemons dipped in ths intense mix... But I like lemons nevertheless. I decided to like them after reading a short story (I can't remember the name of the author at the moment, but ıt was a French writer that also rewrote Robinson Crusoe his very own way) where a girl ate lemon and mustard on bread because it makes her feel like she's living life more on the edge. She also collected means of suicide, even a guillotine! In the end, she dies of laughter. Oh, I love the taste of lemons now!

We just went past a train station called Bicelik and I can count on my hand the amount of women wıthout headscarves. I wonder if this is the same in Azerbadjan. Is Taylor there already? Before the last station, we passed abandonned and crashed wagons. Does anybody record that? Does anybody care about that? I'd like them to talk, to tell me stories... The story about the crash, the spill, the stream. I wonder what Taylor wonders about when he sees such things. I wonder how his eyes look at things from a wide angle.. Or if he's as nervous as his emails to me are...

I love the noise an swing of trains; I feel reassured by them. The Turkish trains feel even more like thıs, with tracks that click-a-click lıke on a road bridge every second or so.

Enough writing. Thinking abut Myriam. My dear bald witch

--

Pas de clavier français, dur dur d'ecrire sur un clavier Turc. Je suis en vie, je vais meme mieux.
xxX

samedi, avril 4

Another suitcase in another hall

Music: Andrew Lloyd Webber.
Lyrics: Tim Rice.

--- Un cadeau de Ulf




I don't expect my love affairs to last for long
Never fool myself that my dreams will come true
Being used to trouble I anticipate it
But all the same I hate it -- wouldn't you?

So what happens now?
Another suitcase in another hall
So what happens now?
Take your picture off another wall
Where am I going to?
You'll get by, you always have before
Where am I going to?

Time and time again I've said that I don't care
That I'm immune to gloom, that I'm hard through and through
But every time it matters all my words desert me
So anyone can hurt me -- and they do

So what happens now?
Another suitcase in another hall
So what happens now?
Take your picture off another wall
Where am I going to?
You'll get by you always have before
Where am I going to?

Call in three months time and I'll be fine I know
Well maybe not that fine, but I'll survive anyhow
I won't recall the names and places of this sad occasion
But that's no consolation -- here and now

So what happens now?
Another suitcase in another hall
So what happens now?
Take your picture off another wall
Where am I going to?
You'll get by, you always have before
Where am I going to?
Don't ask anymore

mercredi, avril 1

Apres le quand, le pourquoi, voici le comment

Une petite note sur mes émotions actuelles:

Tension (surtout toutes les épaules), attentes, impatience, désespoir, besoin, confusion, confiance, entêtement, être prête. Oui oui, tout celà à la fois.


J'ai mal dans les épaules. J'ai passé la journée à pleurer hier... De gros blocages! Mais pleurer.. pleurer comme jamais. Mon partenaire, mon compagnon comme je l'appelle, ce n'est surement pas mon copain, et on ne s'est pas rencontrés. Vous le verrez au fil des lettres qu'on s'échange (je ne traduirai jamais l'entièreté de ses lettres, il ignore que je les publie et ne parle pas Français), il court après sa vie et moi je cours un peu après lui.. mais il est presque rendu en sûreté, en Azerbaïdjan là où je n'irai pas le chercher.

En attendant, j'ai traversé l'Europe et je touche le fond. L'isolement me fera du bien alors je pars sur la route et passerai quelques jours dans une cave. Ou quelques semaines. Le temps qu'il faut.
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J'ai fait réparer mes bottes pour 15 livres turques, thé inclus. C'était sympa! On n'a pas réussi à se parlée, mais la cordonnerie de la mosquée me faisait sentir bien. J'aime les odeurs de cuir et de cirage...

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Vous pourrez suivre sur mon calendrier les endroits où je suis - sachant qu'il y a une zone d'ombre et que je dois revenir en ligne du 20 au 23 pour un petit contrat de correction de livre.

S'il y a une urgence, mon numéro de tel UK est toujours valide et je peux recevoir des SMS envoyés à partir de Skype. Je vais consulter mes textos 1 fois par jour (économiser la batterie) et s'il y a urgence (genre mort d'homme), on peut me joindre. Le code de pays est le 44, et mon numéro sept cent cinquante trente-quatre cinquante-sept 488. Je ne pourrai pas répondre mais tenterai de me rendre à un village plus près et consulter mes mails, donc n'oubliez pas de m'écrire!
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Samedi le 4 avril

Sans doute en début d'après-midi
J'irai chez Gil - du côté Asiatique d'Istanbul
À jeun, et sans thé depuis plus de 24 heures.
Je prendrai une douche, me frottant me corps avec vigueur
Je me raserai le corps
J'enlèverai tous mes bijoux, tous mes piercings
Je ne porterai aucun parfum ou déodorant
Je ne porterai que ma longue robe noire d'autostoppeuse
Je passerai un moment en silence à méditer
Puis là.. c'est un peu flou
- mais je crois que je saurai quoi faire et comment le faire -
Peut-être que des amis seront là...
Je commencerai par enlever une bonne longueur de cheveux sur toute la tête
Puis passerai le clipper directement sur toute la surface
Je dois le faire seule - éventuellement avec un miroir
Je dois le faire à genoux - pour apprendre l'humilité
Je dois le faire sans pleurer - car c'est une célébration de la vie à venir
Et je nouerai sur ma tête un nouveau foulard acheté/trouvé pour l'occasion

Après, la vie reprendra son cours, mais je jeunerai tout le samedi. Dimanche, je prendrai le thé avant de partir en train vers Eskisehir.