Arrêter de bouger même les doigts qui ne tapent p l u s q u e t r e s l e n t e m e nt....
Et pourtant c'est ce qu'il y a de mieux à faire, pédaler avec les doigts sur un clavier quand la pensée ne m'accompagne plus.
Laisses-moi te conter une histoire... Une angoisse ou un amour. Une muse ou un salaud. Une image ou un idée fixe, un yoyo ou un phare. Un grand couloir catalyseur tout en couleur, qui écoulent les heures que je crève de mon coeur à plus savoir aimer, à plus avoir personne dans ma vie qui le mérite....
Je veux pas avoir le sexe des étoiles, je veux pas juste sentir couler sa sève, je veux briller avec elle dans tes yeux, j'veux que chaque jours elle me berce un petit peu. j'veux que les mots se chuchotent à mon oreille, qu'ils me disent que j'suis belle, qu'il me mordillent le cou.
J'veux savoir que t'existe après t'avoir tant cherché, mon ami, mon amant mon guerrier, j'veux surtout pas que tu pousses la tondeuse autour d'un bundalow de Laval (ni même d'une maison jumelée). J'm'en fous si tu sais pas danser, j'veux apprendre moi aussi à pas te piler sur les pieds à ouvrir la plus belle cage du monde aux barreaux argentés - un univers de liberté, des océans d'amitié. J'veux savoir que t'existe, je t'ai tant espéré, dis moi pas qu't'es en couple pis pas trop sûr de toi, c'est encore pire quand vient de temps d'avaler.
J'veux savoir que t'existe pis voir briller tes yeux, en quatre dimensions, en grandeur nature, en odorama. J'veux sentir ton haleine du matin, perdre ma main dans tes cheveux, j'veux voir ta tête étrange en me levant le matin. Je veux regarder des levers de soleils sur Montréal, Iqaluit ou Hong Kong, J'veux qu't'aies envie de me rendre heureuse sans me posséder, j'veux sentir ton respir' sur mes joues s'évanouir....
J'veux qu'un jour tu me dises "mon amour" j'veux me fouler un doigt en les serrant trop fort en jouissant comme une dingue, j'veux crier par pitié mais bon dieu, comment tu fais ça !?!
J'veux respirer par le nez, souvent, des fois, j'veux être fière de dire que j'suis ta blonde, j'veux m'glisser dans tes grands bras sur le bord d'un feu de camp, j'veux qu'on sente la cendre et puis qu'on goûte salé, j'veux t’amener aux Îles de la madeleine un jour sur le pouce avec moi, j'veux que tu me touche l'épaule sur les tombes de Jean-Charles et d'Albéric, je veux que tu m'aides à me faire tatouer la main droite, j'veux qu'tu m'dises que j'suis belle...
J'veux savoir d'où tu viens, j'veux témoigner d'où tu t'en vas. Je veux pas que tu dises rien si ça va pas juste que tu me serres la main, qu'on s'estompe, j'veux que tu chavires au moins une fois ton qayaq pour moi. J'veux savoir si t'es gauche, si tu marche sur les mains, j'veux boire de ton drink préféré.
J'veux qu'on change de déroute, j'veux qu'tu fasses un détour, par moi peut-être un peu, dix mois au moins que tu voudras, et si t'avais ensuite envie d'rester... ?
Aujourd'hui j'ai fait un grand tour d’ascenseur - tout ce qui monde redescend. Faut que je parte pis aujourd'hui c'est pas vers l'en-dehors de moi...
Le calmant m'endort. Je te reparlerai quand on aura besoin de ça. On s'collera pas à cause de numéro vingt-et-un, mais c'pas grave - j'aurai tout vécu ça dans ma tête anyways.
Je vais reprendre des forces, maintenant.
Attends moi où c'est silence.
Je pars, je reviendrai, tu y seras.






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