jeudi, septembre 2

Préparation mentale...

Au milieu de la canicule, j'ai beaucoup dormi, à tuer cette grippe/sinusite avant le départ pour le grand nord. J'en ai profité pour redescendre de mon nuage, juste un peu. C'est que depuis quelques semaines, ou depuis juin, je ne sais plus, je plane sur un trip d'endorphines... Une sensation de "tomber amoureuse", un vertige chimique d'un de ces bungees du coeur que j'adore tant. Et la nuit dernière, je n'ai pas tellement dormi, j'ai rêvé d'un songe éveillé... Ces obsessions, ce jeu intérieur, cette jonglerie intense n'est pas sans but. En laissant voguer mon esprit dans ses recoins les plus extrêmes, je puise dans mes réserves de courage, le multiplie, le décuple dans ce que j'appelle la préparation mentale.

La dernière fois que j'en ai fait l'expérience, c'était il y a déjà plus d'un an. Assise dans un container rempli de sacs de pommes de terre, j'identifiais des échantillons nonchalamment, en écoutant des chansons à pleurer (il pleuvait de toute façon) de Dido, de Chloé Sainte-Marie ou même du Bon Jovi (It's my life, it's now or never... I ain't gonna live forever). Et puis parfois, j'arrêtais la musique. Je restais seule dans la pluie à éplucher mes pensées en transportant les sacs d'un container à l'autre.

C'est ainsi que je me suis préparée pour mon voyage en Turquie. En silence, j'ai vécu un kidnapping, un viol collectif et puis un meurtre. L'agonie fut longue, je mourus au bout de mon sang, abandonnée dans une cabane. En silence, dans la pluie, j'ai sangloté, j'ai eu peur.

J'ai revécu cette scène en m'imaginant parfois des variantes. Le nombre d'hommes dans la tournante, la forme de la fenêtre dans la cabane. Le type de corde à mes poignets. La force de mon instinct de survie. J'ai revécu mon meurtre plus de trente fois, avant d'y survivre une première fois. La première étape de la préparation mentale était franchie.

Ce n'était pas terminé, oh non. J'ai revécu cette scène au moins cent fois, peaufinant mes réactions, mes actes, augmentant mes chances de survie lentement, étant un peu moins violée, un peu moins à risque d’attraper le VIH. Étant un peu moins traumatisée, surtout. J'ai refusé d'être une double victime : des actes criminels et de mon propre esprit...

Cette préparation mentale, conjuguée à mes étapes normales de préparation au voyage comme l'obtention d'avis et d'expériences de première main ou la lecture de blogs, c'est sans doute ce qui m'a fait conserver mon calme lors de mes expériences d'auto-stop en Turquie. Quand on a tenté de me forcer à embrasser pour essayer de sentir ma boucle de langue. Quand le routier nerveux m'a raconté une drôle d'histoire pour me faire grimper sur sa couche, puis son air paniqué en détachant son pantalon...

Moi j'ai remis mes chaussures, les ai lacées, ai pris mon sac et l'ai jeté dehors. Je l'ai laissé avec ses scrupules, son air affolé. Moi, j'étais prête.

Je suis même prête à mourir, car c'est parfois le risque que je prends. Chaque fois que je traverse la rue, chaque fois de je m'étouffe en mangeant, ou que je voyage seule.

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Quel est le lien avec mes dernières nuits fiévreuses, avec mes amours obsessives ? Simple. Je me suis préparée mentalement à rencontrer un homme qui ne saurait pas me respecter. Un homme qui serait occupé avec une autre femme le soir que j'aurai choisi pour le rencontrer. La jalousie que je ressens si souvent malgré mon polyamour. Ma crainte du rejet. Mon doute. Le fait que je n'ai pas du tout confiance en lui, que je ne peux m'attendre à rien. C'est que toutes ces choses me rendent vulnérable, fragile... Et je sais que je suis belle quand je suis forte, quand ils s'imaginent que je n'ai peur de rien alors qu'en fait, je n'ai plus rien à perdre...

Alors voilà, un jour je viderai une bouteille dans ma soulerie bisannuelle et je t’entendrai dire qu'après tout ce temps, finalement, c'est tout de même chouette de se rencontrer, et que voici ta copine, enchantée ! Sous une pleine lune, a demie-nue, drapée de foulards de coton, à chanter une chanson gitane pendant que tu t'envoies en l'air à cinquante mètres de moi... La nuit dernière, mes rêves sont morts juste un peu, pour que ne survive que ce qui est imparfait, des amours non-réciproques, des baises endiablées sans sentiment, des rencontres ratées, pour me dénuder de tout ce qui me ferait peur, de mes attentes, de mes exigences, de mes conditions.

Je suis une cigale qui émerge de sa carapace neuve....

3 commentaires:

RAINETTE a dit…

haille salut toi ! Fabrice me dit que tu me cherchais et c'était réciproque ! Je te cherchais sur FB et ne te trouvais pas. J'avais perdu ton mail, ton blog je ne me souviens jamais du nom Perilisk, toujours persilik en tête, merde, grâce au beau Fabrice, je t'ai retrouvée. Bien contente. A +
(Ray) mais sur FB j'ai un nom emprunté.

perilisk a dit…

Merci Rai, je suis contente de te revoir ! Je t'avais envoyé un email au boulot, mais je n'avais pas eu de réponse... mauvais filtrage ? Qui sait.. Enfin, à partir de maintenant, on pourra se twitter :)

RAINETTE a dit…

et pis je viens de trouver sur FB ! Je twitte de moins en moins par contre, ça a été comme un trip.

J'avais bien reçu un mail de toi disant que l'auberge va réouvrir...où en est donc ce projet ? :)
A+