Tout d'abord, il faut éventrer la source nourricière
Faire faillir ou pomper les vestiges du passé
Entre l'état de pierre et celui de vivant
On entaille, on insuffle, on extrait, on embidonne
On étiquette, on vend en bourse, les mains sales
Le coeur vide, la bouche pleine, le nez bien poudré.
On les transporte, on les transvide, on les fractionne
On les distille et on y ajoute une goutte
Ça polymérise, mais tout est sous contrôle
On chauffe, on souffle, on moule, on refroidit
On remplit d'eau, hache deux oh ! On étiquette
Et puis on vend au plus offrant
Dans des marchés qu'on dit super, hyper, giga
J'attends la suite...
Les gouttes d'eau à prix d'or ont un arrière goût d'or noir
Mais les gens qui la boivent sont des consommateurs satisaits
Avertis, ils mesurent leur apport quotidien en sodium,
Ils évitent le fluor de l'eau du robinet – arnaque publique
Le fond de la bouteille n'est plus très frais : ça va, on jette.
Et puis la poubelle elle est trop loin, ici c'est bien, y'a le ravin...
Un pied posé devant l'autre au bord du ravin,
Et mon regard posé sur cette bouteille qui a tant vécu
Qui fut autrefois vivante, puis morte, puis pompée puis...
Qui aujourd'hui n'attire même plus l'attention des corbeaux.
Honte à vous, éventreurs de tere !
Aucune bête ne salirait ainsi sa tanière
À grand coups d'usine, de noir, de bleu, de suie, d'acide
Tout ça pour faire boire le peuple à qui tout est offert
Et dont le palais bourgeois ne supporte pas cet arrière-goût de chlore...
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