lundi, septembre 20

Compte lentement

Un, deux, trois, quatre
Ils m'ont dit que je devais partir
Cinq, six, sept, huit
Que mon cas n'était pas urgent
Neuf, dix, onze, douze
Je ne sais pas vraiment où je suis
Treize, ouf, quatorze,
Je marche en suivant le vent
Je n'ai pas d'eau pour avaler
Quinze, seize au prochain pâté de maison
Mon plat préféré au restaurant du coin
Dix-sept, dix-huit, pour emporter je vous prie
De retour dans le froid de novembre
Dix-neuf, vingt, tiens, celle-ci est rose
Une bouchée, deux bouchées, trois bouchées
La tête me tourne, mon estomac se crispe,
Un grand bâtiment, aller m'y réfugier

Zone d'obscurité
Je reprends conscience allongée sur le trottoir
Mon repas régurgité à mes côtés, merde !
Rentrer à la maison, boire un peu
Vingt-et-un, vingt-deux, vingt-trois
Appeler un taxi, lui dire mon adresse
Je ne sais plus qui je suis, j'ai oublié

Vingt-quatre, c'est le dernier calmant,
Le pot est vide, la gorge me brûle,
Vivement la vodka pour arroser ma peine
Il m'en reste une demie-bouteille
J'ouvre la porte
Et m'évanouis

Le téléphone sonne et sonne
Qu'est-ce que je fais dans mon lit ?
Pourquoi suis-je encore en vie ?
Ma tête, une carrière de pierres qui explosent
Je réponds. J'oublierai. Je me rendors
Le quatre novembre quatre-vingt dix-neuf
Je me suis ratée.

Les jours passent et je compris que j'étais morte.
Les jours passent et je compris que je venais de naître

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