En apprendre plus long sur le Nunavut, ce jeune territoire d'à peine dix ans issu d'un rêve qui donna aux inuits l'autonomie de gestion de leurs immenses terres. Plus de deux millions de kilomètres carrés. Quatre langues officielles. Trente mille habitants. Vingt-cinq mille autochtones...
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NUNAVUT IQALUIT INUKTITUT
Pour apprendre, je surfe de site en site sur la toile et repère les phares avant que la nuit hivernale ne tombe. Jusqu'à présent, voici mes deux favoris :Webtélé indigène d'origine inuit, elle sert d'organisme de diffusion télévisuelle et cinématographique de la culture indigène à travers le monde. Fondée en 2008 par Igloolik Isuma Productions, seule compagnie de production cinématographique inuit, elle offre une grande variété de contenu indépendant gratuitement en ligne, à commencer par la trilogie de films en inuktitut :
Atanarjuat The Fast Runner
The Journals of Knud Rasmussen
Before Tomorrow
Le réalisateur de ces films et fondateur de la société de production était d'abord sculpteur réputé de pierre à savon qu'il vendit en grande quantité afin de s'acheter une caméra vidéo, alors que personne au village n'avait même de télévision...
Leur offre ? PLus de 2000 films en quarante-et-une langues !
tradition-orale.ca
Soixante-sept aînés du Nunavut ont été interviewés de façon intensive durant une période de dix années pour produire les douze volumes disponibles en ligne. Le résultat est un site multi-média accueillant, mais surtout des milliers de pages de données de tradition orale permettant de comprendre de la bouche des anciens la réalité d'antan. Comprendre les racines d'un peuple du pergélisol, c'est me faire un peu attrapeur de rêves...
Trappeur de rêves
Après l'apprentissage me vient le rêve. Je rêve de territoires glacés, de vent, de noirceur, d'aurores boréales et d'Inukshuk. Je rêve d'apprendre à tuer mon premier phoque, à en partager la viande avec les anciens, à en nettoyer la peau avec mon ulu, de les coudre en un amauti solide pour continuer à me soumettre aux extrêmes nordiques.
Mais ces temps-ci, dans la chambre au-dessous de mon attrapeur de rêves en noisetier décoré de quartz et d'améthyste, mes rêves sont fous. Seulement pour les fous. Ce sont des rêves de caravanes, de loup, de vie au dehors, de femme forte, d'enfant sur mon dos aux yeux perçants, de brave gros chien, de ne pas être civilisée. Et j'ai repris ma douce obsession de cet homme que je ne connais guère mais pour qui, hier je l'ai compris, je voue un amour inconditionnel. Je n'ai pas eu le temps de m'habituer à ses mots, à sa voix, à ses accents, à ses tics, mais ce sont ses rêves, ses déchirements et sa vérité qui se sont emparés de ma mélodie. Je n'ai plus le choix, semble-t'il. La vie est trop courte pour ne pas être vraie, ne pas être soi.
S'habiter
C'est ainsi que depuis trois mois, je sculpte. Mon matériau, c'est mon corps.
À la course pieds nus, j'ai défini mes mollets, mes chevilles et ai repris mon souffle. À vélo j'ai défié mon endurance, ma patience et mon énergie. À présent, ce sont mes bras, mes épaules et mon vendre que je dessine tout en courbes fermes, tout en courbes femme. Si ma vie doit se passer au dehors, et puisqu'il faut être forte, que mon esprit heureux habite son corps heureux.
Car mon esprit est calme, mis à part les incursions d'un loup - seulement pour les fous. J'ai repris la lecture, je vous laisse deviner les titres...
entre Deleuze et Cohen






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