dimanche, août 8

Le galop

Je cours
Le souffle court sur le tapis roulant
Au coeur de la forêt alpine de mes îles balayées par le vent
En dix minutes, j'en ai fait le tour, mais je recommence
À la recherche de la déesse de ces lieux, de la déité de l'air salin
Sur ma joue, une trace noircie de gomme d'épinette
Ma sueur a l'odeur du principe féminin fondamental, le large, avec une note sablonneuse

Je cours
Avec des bottes montant aux genoux
Chaudes jusqu'à moins quarante
Et des raquettes en babiche
Et des sandales romaines lacées de cuir
Des chaussures d'un autre siècle, d'un autre pays
La brise dans les pattes qui me fait hérisser le poil

J'accours
Au pied de ma plante totem, l'impatiente
Auprès d'un romarin qui pousse sur ton terrain
S'il y en a pas, plantes-en un pour moi !
Je dévale le torrent en kayak tout en saluant le soleil
Je rampe dans la boue au milieu des couleuvres, des serpents à sornettes

Je cours
Mes pas et mon coeur en un bruit sourd
Pour que mes cuisses s'amincissent,
Pour pouvoir mieux marcher sur les mains
Et poursuivre un cheval lorsqu'il trotte pour le plaisir de dire qu'on est vivants
Et qu'on respire

Que t'es vivant

Que tu respires

Que t'es vivant

Que tu respires

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